Chronique de Mustapha Jmahri : Monique Fabre recherche son histoire marocaine

        Monique Claisse, née Fabre, est née en 1959 à la maternité d’El Jadida. Ses parents, Umberto Fabre et Marie-Thérèse Fabre (née Marty), aujourd’hui décédés, avaient profondément souffert de leur déracinement après leur installation en France en 1962, comme le rapporte Monique.

        Umberto Fabre était un sportif connu à El Jadida et faisait partie de l’équipe de football. C’est d’ailleurs par ce biais qu’il s’était retrouvé en France en 1962. Redoutant les événements en Algérie, son beau-père les a incités à partir, une décision qu’ils ont sans doute regrettée par la suite, comme le souligne sa fille.

        La famille Fabre était originaire de Minorque et avait émigré au Maroc, à Mazagan, en 1846. Ses grands-parents, ses parents, ses nombreux oncles et tantes naitront, vivront et mourront à El Jadida pendant plus d’un siècle. Les ancêtres Fabre, ses arrière-grands-parents avaient habité rue de l’Oise au quartier Derb Ghallef. C’était une grande famille composée de plusieurs branches qui avaient fait souche à El Jadida, des années quarante du 19ème siècle jusqu’aux années 1970.

        Le retour de la famille Umberto Fabre en France se déroula en 1962. Les parents se retrouvèrent à Beauvais, la préfecture de l’Oise (c’est plutôt bizarre la vie car la maison des ancêtres Fabre se situait rue de l’Oise à El Jadida). Ils eurent cinq enfants : Monique, Pascale, Michel, Marie-Josée et Jean-Louis, qui furent le centre de leur vie de couple. Son père a fait toute sa carrière à l’Equipement et Logement, sa mère a eu plusieurs activités pour subvenir aux besoins de la famille nombreuse. À la retraite du père, ils se sont installés dans le sud à Six-Fours-les-Plages, ce qui les rapprochait enfin de leur famille et seule la mer les séparait de leur Maroc bien aimé.

        Monique Fabre est aujourd’hui retraitée après une carrière dans l’enseignement agricole en tant que professeur et directrice d’un centre de formation d’apprentissage. Son mari Philippe Claisse est aussi en retraite après avoir effectué sa vie professionnelle dans la banque. Il participe activement à ce projet d’écriture de l’histoire familiale de son épouse.

        Monique, qui compte revenir visiter sa ville natale El Jadida, m’a écrit : « Je vous salue bien M. Mustapha Jmahri et comme beaucoup de personnes, je vous remercie de votre implication pour avoir créé avec Les cahiers d’El Jadida, ce pont entre le Maroc et la France. J’ai trouvé dans votre livre « El Jadida, destins croisés » une chronique sur notre histoire familiale selon le témoignage de Charles Fabre, un oncle de mon père. Mais je compte bien la compléter par d’autres éléments. Car, suite au décès récent de ma sœur cadette Pascale à l’âge de 64 ans, elle aussi née à El Jadida, je suis allée à la recherche de mes racines marocaines qui remontent à loin. C’est ainsi qu’en septembre 2025 je suis allée découvrir la ville de mes ancêtres ; j’ai pu en rapporter des souvenirs photographiques du cimetière européen, de la maternité dans laquelle je suis née et surtout de la maison familiale rue de l'Oise que j’ai eu la chance de visiter. Les Marocains sont tellement ouverts et accueillants. »

        Ce retour à El Jadida ne fut pas seulement un voyage géographique, mais une véritable traversée du temps et de la mémoire. En renouant avec les lieux de son enfance et de son histoire familiale, Monique a ravivé des liens que ni les années ni la distance n’avaient effacés. Son témoignage vient enrichir cette mémoire partagée entre le Maroc et la France, faite de destins croisés, de souvenirs préservés et de reconnaissance mutuelle. El Jadida demeure, pour celles et ceux qui y sont nés, une terre d’origine et de cœur, où l’hospitalité marocaine continue d’accueillir les pas de ceux qui reviennent sur les traces de leur passé.

jmahrim@yahoo.fr

                Légende photo : Monique Fabre à 8 ans (à gauche) et sa famille

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One Thought to “Chronique de Mustapha Jmahri : Monique Fabre recherche son histoire marocaine”

  1. Fabre michel

    C’est avec un grand plaisir que j’ai lu cette chronique, il est vrai que nous manquons d’informations sur la famille fabre et ses ancêtres. Ce lien nous permet de combler des vides
    Merci

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