Bayya, l’homme de la mer

Par la simple traversée de la route de Casa, Bayya quittait le bitume pour rejoindre son royaume : les rochers de Dar Manyous, jadis appelée plage Deauville. Là, au milieu des vagues et des dédales marins, il retrouvait un univers qui n’avait plus aucun secret pour lui.
Toute une vie passée à dialoguer avec la mer, à en déchiffrer les humeurs et à en tirer, honnêtement, sa subsistance. Les oursins servis en tapas dans les bars du centre-ville ? C’était Bayya qui les ramassait, patiemment, pour les céder à trois fois rien. Les moules, cuites et décortiquées, vendues autrefois le long de la route de Casa ? Là encore, sa main était à l’œuvre.
Bayya n’était pas seulement un homme de métier, il était un homme de confiance. Et cela ne s’hérite pas toujours. Son rapport aux gens, sa parole donnée, sa manière d’être… tout cela faisait de lui un personnage à part, unique.
Aujourd’hui, nos pensées les plus sincères vont à cet homme simple, mais ô combien honnête, intègre, fier et digne. Un homme d’une espèce devenue rare, presque en voie de disparition, à une époque où les valeurs se diluent plus vite que l’écume sous le soleil.
Repose en paix, Bayya.
Puisse Allah t’accueillir dans Son vaste Paradis.
Abdellah Hanbali

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