Tout le monde, ou presque, a entendu parler de la création de cette nouvelle police de la propreté qui vient de voir le jour à Casablanca. Une initiative qui, sur le papier, semble louable, mais qui dans les faits, risque fort de n’être qu’un gadget de plus, coûteux et inefficace.
Une police spéciale qui mobilisera des budgets importants pour l’achat de véhicules, les salaires, les équipements… sans pour autant résoudre le véritable problème.
Ses chances de réussite ? Quasiment nulles.Pourquoi ? Parce qu’on ne peut pas placer un policier derrière chaque citoyen. Et surtout parce qu’on persiste à ignorer l’évidence : la propreté, le civisme et le respect de l’espace public ne s’imposent pas par la répression, mais s’inculquent par l’éducation.
C’est dès les premières années d’école qu’il faut commencer, par remplacer les leçons creuses sur “Miro et Miki, joli Miki” par un véritable apprentissage des valeurs citoyennes : l’amour de la patrie, le respect des personnes âgées, la préservation de l’environnement, la solidarité, la responsabilité collective….
Autrement dit, il faut investir dans l’humain. Car sans cela, tous les stades flambant neufs, les jardins rénovés et les édifices modernisés finiront tôt ou tard vandalisés par une frange de citoyens livrés à eux-mêmes, indifférents, parfois hostiles à la chose publique.
Une société qui ne forme pas ses enfants à aimer et à protéger ce qu’elle construit est condamnée à voir ses propres réalisations s’effondrer.
Et pendant que certains responsables continuent de chercher des solutions dans la surface, en multipliant les “polices” et les campagnes, ils oublient que la vraie réforme commence dans les bancs de l’école… et dans le cœur des citoyens.
Abdellah Hanbali
