Le journaliste marrakchi Rachid Idrissi ne mâche pas ses mots. Pour lui, il est urgent de revoir en profondeur le rythme quotidien imposé aux élèves marocains. « Ce n’est pas logique qu’un enfant passe de huit heures du matin à six heures du soir enfermé dans une salle de classe. Ce type d’horaire convient à un fonctionnaire, pas à un enfant ou un adolescent en pleine construction », dénonce-t-il.
Un constat lucide, mais surtout révélateur d’un système éducatif à bout de souffle, incapable d’innover ou d’adapter son modèle aux réalités du présent. Car pendant que le monde réinvente ses méthodes d’apprentissage, le Maroc s’accroche encore à des formules dépassées, héritées d’une autre époque, comme s’il suffisait de copier-coller les modèles d’hier pour former les citoyens de demain.
Idrissi plaide pour un emploi du temps plus humain, de 9h à 15h, afin de permettre à l’élève de se reposer, d’apprendre autrement, et surtout de renouer avec le plaisir d’aller à l’école. « L’éducation ne se mesure pas à la longueur des heures, mais à la qualité de l’enseignement », insiste-t-il.
Mais pour cela, encore faudrait-il que l’État accepte enfin de remettre en question son approche, et qu’il ose définir une véritable vision éducative, tournée vers le futur, enracinée dans la réalité nationale.
Tant que la réforme restera un simple slogan ou une opération cosmétique, l’école marocaine continuera de produire de la lassitude au lieu de produire de la connaissance.
