El Jadida, Abdellah Beïda célèbre le verbe et consacre « Sacré Personnage ».

Il est des soirs où la littérature reprend ses droits, où les mots cessent d’être de simples signes pour redevenir souffle, questionnement, lumière. Ce vendredi 13 février 2026, l’Institut français d’El Jadida a vibré au rythme de cette exigence rare, à l’occasion de la signature du nouvel ouvrage d’Abdellah Beïda, Sacré Personnage.Figure majeure du paysage intellectuel marocain, Abdellah Beïda n’est pas seulement un universitaire accompli. Professeur à la Faculté des Lettres et des Sciences humaines de l’Université Mohammed V de Rabat, critique averti, fin analyste du discours et des récits…

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« Fracas de vagues au large d’El Jadida »…Par Driss Tahi

Ce roman est inspiré d’un fait réel :Il s’agit du naufrage d’un bateau nommé Le Nemo’s, que j’ai rebaptisé Minos, en référence au roi légendaire de Crète dans la mythologie grecque, celui que Dante plaça dans La Divine Comédie, à la porte de l’Enfer pour juger les âmes des damnés…Le Nemo’s s’était retrouvé pris dans une violente tempête en février 1987, entre Jorf Lasfar et El Jadida. Le navire, brisé en deux, avait rejeté une grande partie de sa cargaison : des grumes de bois. Selon le capitaine en charge…

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Tu en verras de toutes les couleurs…Des premiers collages aux dernières lacérations, avec le Jdidi André El Baz

Lors de sa dernière exposition, André El Baz a offert au public une plongée rare et émouvante dans les premières strates de son œuvre. Une traversée du temps et de la matière, à travers des collages qui ont jalonné toute sa trajectoire artistique et qui, bien au-delà de leur apparente hétérogénéité, révèlent une continuité profonde, presque organique. Le visiteur y découvre les tout premiers collages réalisés à Marrakech en 1955, parmi lesquels Le Prisonnier 04-02, La Chambre au lit sans volets ou encore L’Homme au sablier. Suivent les collages parisiens…

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El Jadida : un patrimoine sacrifié sur l’autel de l’ignorance et du profit

« Si l’on donnait un témoignage de regret à tout ce qui tombe, il faudrait trop pleurer », écrivait Chateaubriand à propos des ruines antiques. À El Jadida, cette phrase résonne avec une acuité douloureuse. Car ici, les ruines ne sont pas l’œuvre du temps, mais le produit de décisions humaines, de renoncements politiques et d’une myopie collective assumée.Nous sommes pourtant comptables, devant les générations futures, de ce patrimoine que l’Histoire nous a légué. Le préserver, le valoriser et le transmettre aurait dû relever de l’évidence. Or, ce qui se…

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Chronique de Mustapha Jmahri : Nicola Lethe, artiste mazaganaise

Nicola L. s’est éteinte à Los Angeles le 31 décembre 2018, loin de la France où son nom est longtemps resté quasi inconnu. Née en 1932 à Mazagan–El Jadida, au Maroc, elle s’appelait alors Nicola Lethe. En 1956, elle épouse le galeriste bruxellois Fred Lanzenberg ; de cette union, elle conserve l’initiale « L. », qui deviendra sa signature d’artiste.Très tôt, Nicola L. refuse de se laisser enfermer dans une seule discipline. Dès les années 1960, elle navigue librement entre la peinture, la sculpture et le collage, tout en expérimentant…

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« Le Seigneur vous le rendra » de Mahi Binebine : P’tit pain ou la métaphore d’un peuple en devenir.

Avec Le Seigneur vous le rendra, l’un de ses romans les plus marquants, Mahi Binebine livre un texte d’une sobriété trompeuse, où l’émotion affleure sans jamais sombrer dans le pathos. À première vue, le récit pourrait donner l’illusion d’un mélodrame construit autour de la souffrance d’un enfant mutilé dans sa croissance et privé de toute perspective d’émancipation. Mais cette impression initiale se dissipe rapidement pour laisser place à une œuvre d’une rare densité symbolique.Car chez Binebine, rien n’est gratuit. Le pathétique apparent agit comme un leurre, un dispositif narratif destiné…

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Halima DOUA : Hymne à la nature

Par le pinceau créatif de Halima DOUA,l’artiste ingénieure et l’ingénieuse artiste.En cherchant à joindre l’utile à l’agréable, Halima Doua s’est laissée happer par un agréable piège : celui de la création. Un piège doux, mielleux, mais salvateur, qui a fini par ébranler son Moi initial pour devenir un véritable ballon d’oxygène, aussi indispensable que son travail scientifique.Deux responsabilités cohabitent ainsi chez elle, sans jamais constituer ni un fardeau ni un frein. Bien au contraire. D’une part, parce qu’il existe un lien étroit entre la nature de son métier et l’essence…

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« Zizouna » ou le miroir brutal d’une société qui fabrique ses victimes

Le titre intrigue, dérange, parfois choque. Zizouna. Une prostituée. Muette de surcroît. À première vue, le roman de Jaouad El Benaïssi pourrait prêter le flanc aux accusations de facilité, de misérabilisme ou de provocation gratuite. Mais très vite, il apparaît clairement que l’auteur n’a pas choisi ce personnage pour flatter les instincts du lecteur, encore moins pour racoler.Zizouna n’est ni une héroïne romanesque ni un simple objet de pitié. Elle est un outil de dévoilement. Un corps exposé, une voix confisquée, un regard silencieux posé sur les failles béantes d’une…

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Chronique de Mustapha Jmahri : Kenza Chikari Hassar puise dans son héritage culturel

Beaucoup de personnes qui suivent l’évolution du domaine de l’écriture et de la lecture au Maroc expriment, souvent, la crainte, justifiée par ailleurs, que ce domaine connait un déclin manifeste en regard de l’hégémonie des moyens de communication numériques, des réseaux sociaux, de l’intelligence artificielle et du déclin des programmes d’enseignement public.Mais loin de tout pessimisme exagéré, la terre est toujours fertile et à chaque fois l’espoir né et renait.Malgré les obstacles, une partie de la jeunesse marocaine reste attachée à l’écriture pour exprimer ses idées et sentiments comme moyen…

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Chronique de Mustapha Jmahri : Les Cahiers d’El Jadida, une expérience personnelle dans l’édition

L’auteur de cet article évoque ici la genèse d’un parcours de plus de trois décennies pour inscrire El Jadida et les Doukkala dans le paysage de la recherche historique et sociologique marocaine. *** En entamant leur trente-troisième année, la série Les Cahiers d’El Jadida, lancée en 1993, n’a pu continuer à être éditée et diffusée que grâce à ses lecteurs du Maroc et d’ailleurs. En effet, un projet éditorial ne peut survivre que s’il réussit à fidéliser son lectorat. Pour entamer cette aventure éditoriale personnelle, j’ai bénéficié des conseils de mes aînés,…

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