Plus de deux ans après l’adjudication du camping international d’El Jadida dans le cadre d’un marché public légalement conclu, les grilles du site demeurent obstinément fermées. Ce lieu mythique, longtemps symbole du tourisme local et espace d’animation pour des générations de jeunes, reste plongé dans un silence inquiétant. Une fermeture incompréhensible qui alimente rumeurs, colère et indignation parmi les habitants et les milieux touristiques de la ville.
Ce camping n’est pas un simple espace de loisirs. C’est un repère historique et patrimonial, un poumon économique qui, chaque été, participait à la vitalité de la cité balnéaire en accueillant visiteurs, familles et campeurs venus de tout le Royaume et de l’étranger. Son inactivité prolongée prive aujourd’hui El Jadida d’un atout touristique majeur, au moment même où la ville cherche désespérément à redorer son image.
Mais derrière cette situation, beaucoup y voient la main d’une politique de représailles menée par le président actuel de la commune, Jamal Ben Rbiâ, dont les décisions semblent davantage motivées par un désir de vengeance personnelle que par une réelle vision de développement.
Ce dernier n’aurait jamais digéré que l’ancien élu et parlementaire Haj Ahmed Kamel, figure respectée et artisan de nombreux projets urbains, n’ait pas voté pour lui lors de l’élection du bureau communal. Depuis, tout semble indiquer que le président consacre son énergie à solder ses comptes avec ses anciens opposants plutôt qu’à répondre aux attentes des Jdidis.
Pendant que les rancunes politiques s’expriment, le patrimoine s’effondre, les édifices se dégradent, la propreté urbaine recule, et l’éclairage public laisse à désirer. Les habitants, eux, ne cessent de réclamer des solutions concrètes, en vain.
Et pendant que le camping reste fermé, le potentiel touristique d’El Jadida s’étiole, les visiteurs se raréfient, et la ville perd ce qui faisait jadis sa réputation : son charme accueillant et son hospitalité légendaire.
Il est urgent que les autorités compétentes reprennent les choses en main, fassent appliquer les clauses du marché et rendent vie à ce site emblématique. Car El Jadida mérite mieux que des querelles de clocher et des règlements de comptes politiques. Elle mérite une gouvernance tournée vers le développement, la culture et la valorisation de son patrimoine touristique unique.
Abdellah Hanbali
