Clémenceau… l’école où l’on apprenait aussi la vie


Il aura suffi d’une simple photographie aérienne, réunissant le marché central et l’ancienne école Clémenceau, devenue plus tard l’école Prince Sidi Mohammed, pour que toute une époque reprenne vie. Une époque où les souvenirs n’avaient pas besoin d’être racontés : il leur suffisait d’être regardés.
Pour des milliers de Jdidis, cette école n’était pas un simple bâtiment. Elle était une seconde maison, le théâtre des premiers rêves, des premières peurs, des premières victoires et parfois des premières larmes. C’est là que tant d’enfants ont quitté, chaque matin, le cocon familial pour découvrir une autre forme d’amour : celle d’une école qui exigeait beaucoup, mais qui donnait davantage encore.
À cette époque, l’école publique n’était pas seulement un lieu d’instruction. Elle façonnait les caractères, inculquait le respect, la discipline, le goût de l’effort et le sens des responsabilités. Les enseignants n’étaient pas de simples fonctionnaires ; ils étaient des bâtisseurs d’hommes et de femmes, des artisans de l’avenir.
Comment ne pas évoquer la maîtresse Hnia, la maîtresse Fatima, Ssi Al Bannouri, le directeur Âbabou… Des noms qui résonnent encore dans la mémoire de ceux qui ont franchi ce portail avec leur cartable sur le dos et des rêves plein les yeux. Et puis il y avait Bba Lamâachi, ce visage familier, cet homme au grand cœur, aimé des petits comme des grands, dont la simple présence suffisait à rassurer toute une cour d’école.
Le temps a poursuivi sa route. Les enfants d’hier sont devenus des parents, puis des grands-parents. Les murs ont changé, la ville aussi. Mais certaines écoles ne disparaissent jamais. Elles continuent de vivre dans les souvenirs de ceux qui y ont appris bien plus que des leçons.
Parce qu’au fond, Clémenceau n’était pas seulement une école. Elle était une part de l’âme d’El Jadida. Et tant qu’il restera une vieille photographie pour réveiller les mémoires, elle continuera de faire battre le cœur de toute une génération.
Cette école appartient à ces lieux rares qui ne vieillissent jamais vraiment. Ils demeurent, silencieux mais vivants, dans ce coin du cœur où l’enfance refuse obstinément de s’effacer.
Sur la photo: debout de D à G
Ba Maachi -Rbati -Guessous -Houmain -?- -?-Taquidine
Assis de D à G
Mlle Ezzine -Benchakroune-Sabri directeur par intérim-Maânaoui-Âouadi Âboudou

Abdellah Hanbali

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