Mon projet d’architecture éclairé par Mustapha Jmahri

Khadija MIHRANE
Architecte, lauréate de l’UM6P

Depuis le 20 juillet 2026, après six ans d’études, j’ai obtenu mon Diplôme d’État d’Architecte de la School of Architecture, Planning and Design de l’UM6P. Mon mémoire de fin d’études s’intitule : « Entre les deux rives de l’Oum-Erbia : Azemmour et Sidi Ali, une opportunité de revitalisation d’une ville mourante et de réactivation de ses architectures ». Ce projet porte sur la création du « Centre de formation, de recherche et d’innovation sociale de Doukkala », à travers la réhabilitation patrimoniale de l’ancien hôpital Sidi El-Ayachi, situé près d’Azemmour le long du fleuve Oum-Erbia.
Au départ, j’ai affronté un problème majeur : le manque d’écrits, de données et d’archives sur ce site, connu des Azemmouris sous le nom de « Sbitar Belayachi » (Hôpital Sidi El-Ayachi). Au début de mes recherches, en 2025, j’ai découvert que seul un historien local, Mustapha Jmahri, s’est penché sur l’étude de ce site et sur l’histoire des Doukkala et d’El Jadida en général. Je l’ai alors contacté afin qu’il partage avec moi ses propres travaux. Ce chercheur, qui a accumulé un long parcours de plus de trente ans sur le fait local, est devenu incontournable dans son domaine. Il n’a pas hésité à m’aider par ses ouvrages et par sa connaissance fine du milieu. Aujourd’hui, il se dit particulièrement heureux de voir cet investissement et ce travail final ainsi couronnés de succès.
L’autre constat que j’ai fait durant ma période de recherche et de terrain est que rares sont les personnes capables d’apporter aujourd’hui des réponses ou des avis éclairés sur la réalité du milieu économique et social local. Souvent, les habitants connaissent le lieu, mais ignorent tout de son histoire. Ce manque de repères est flagrant, même chez des personnes censées être informées. C’est cette absence de données fiables qui m’a également amenée à solliciter l’écrivain Fouad Laroui ainsi que l’architecte Rachid Andaloussi.
Mon mémoire part du constat d’un territoire national évoluant à plusieurs vitesses : face aux grandes métropoles dynamiques, Azemmour et Sidi Ali sont diagnostiquées comme des « villes en déclin ». J’y relève plusieurs symptômes majeurs, notamment la décroissance urbaine, l’exode des jeunes, la multiplication des friches industrielles générant des pertes d’emplois, ainsi qu’une dévitalisation culturelle liée à un manque criant d’équipements.
Ce travail de fin d’études sur l’ancien hôpital Sidi El-Ayachi a trouvé son véritable ancrage grâce à la générosité scientifique de Mustapha Jmahri, qui a partagé avec moi son expertise indispensable du fait local.

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