El Jadida : La polémique sur le port du « burkini », entre pudeur et incivisme

Certes, nul ne conteste la liberté des femmes de choisir de porter ou non le burkini, ni leur droit de choisir de voiler ou de dévoiler leur corps pour profiter pleinement de ces belles plages dont Mère Nature nous a dotés. Entre pro-burkini et anti-burkini, chacun a sa propre interprétation de la question, selon ses convictions personnelles, dans notre culture où modernistes et conservateurs ont de tout temps cohabité sans nulle confrontation.
Cependant, si certaines femmes respectent le choix et la liberté de l’autre, il faut souligner que d’autres poussent ce « choix » au point de se permettre de porter, non pas un burkini en bonne et due forme, mais des robes, des âbayas ou même des pyjamas ou autres vêtements qui n’ont rien à voir avec des tenues de plage. Pour elles, tout vêtement qui couvre entièrement le corps est considéré comme une tenue convenable, qui représente la pudeur telle que ces femmes la conçoivent. Il fut un temps où ces tenues « indécentes » (au sens inconvenables) dans ce lieu de détente et d’estivage, étaient simplement interdites.
Il faut reconnaitre qu’entre droit à la pudeur et devoir de civisme, nos plages sont désormais prises en otage, et il serait grand temps de leur rendre leur aspect légitime qui se résume simplement au respect mutuel des convictions de chacun, sans heurter, ni choquer l’autre par le port de tenues qui sont loin de concorder avec ce lieu de détente et de distraction.
Un autre phénomène non moins important se traduit par ces scènes d’incivisme devenues coutumières sur nos plages au point de ne plus surprendre du fait qu’elles font partie intégrante du décor. Il s’agit de ces tentes façonnées de draps ou ces installations de fortune qui obstruent la vue, et condamnent les estivants à limiter l’étendue de leur regard à ces tentes rafistolées, avec un horizon qu’on peine à deviner derrière ce malheureux décor. Un phénomène qui traduit l’incapacité de certains à comprendre que ces espaces et ces étendues de sables sont collectifs et doivent être partagés dans le respect du principe que la liberté de chacun s’arrête là où commence celle de l’autre.
Toutes ces intrusions dans l’espace de l’autre convergent vers une seule question qui n’a toujours pas de réponse pour ceux qui ne comprennent toujours pas où s’arrête leur liberté et où commence celle des autres.
Pudeur et incivisme… ne peuvent cohabiter !!!

Khadija Choukaili

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