Au temps où Mazagan se bâtissait pour l’éternité…


Face à l’océan, ces locaux des Travaux Publics, érigés en 1916, ne sont pas de simples murs de pierre. Ils sont les témoins silencieux d’une époque où Mazagan se construisait avec méthode, élégance et une vision qui semblait défier le temps.
C’est entre ces murs que des ingénieurs tels que Bonnet, Thomassin et Chèvre, entourés de techniciens comme Coutareau, Schneider ou Diaz, ont imaginé et façonné le visage moderne de la cité.
Ils ont dessiné un nouveau port et ses majestueuses jetées, élevé des phares pour guider les marins, bâti des écoles, un hôpital, une poste, des jardins, un théâtre et même un casino dont le prestige évoquait celui de Deauville.
Ils ont ouvert de larges avenues, apporté l’eau, l’assainissement et l’électricité, aménagé la plage, créé des quartiers résidentiels où il faisait bon vivre.
Puis, avec les Services municipaux, ils ont entretenu cette œuvre avec un soin presque paternel, convaincus qu’une ville est un héritage que chaque génération doit transmettre intact à la suivante.
Aujourd’hui, ces bâtiments contemplent l’océan avec la mélancolie des vieux sages ( mais pour combien de temps encore).
Ils ont vu passer les hommes, les saisons et les décennies.
Ils se souviennent d’une Mazagan où l’on bâtissait pour l’avenir, où chaque pierre racontait une ambition, où chaque chantier portait une promesse.
Il suffit de s’arrêter un instant devant ces lieux chargés d’histoire pour entendre l’écho d’un passé qui refuse de mourir.
Un passé qui nous rappelle qu’une ville perd un peu de son âme lorsqu’elle cesse d’entretenir sa mémoire. Car les monuments vieillissent, mais l’oubli, lui, les détruit bien plus sûrement que le temps.
Abdellah Hanbali

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