Par Mustapha Abou Ibadallah
À El Jadida, certains souvenirs ne disparaissent jamais. Ils restent attachés à des visages, à des lieux, à des conversations et à cette atmosphère particulière qui faisait de la ville un véritable espace de rencontres et d’amitié.
Parmi ces souvenirs, il y a ma relation avec Abdelhafid et Bouafi, deux hommes qui appartenaient à deux univers différents, mais qui ont occupé une place particulière dans ma mémoire.
Abdelhafid, c’était d’abord Le Tit, ce célèbre restaurant d’El Jadida où beaucoup d’amis avaient leurs habitudes. Le lieu était bien plus qu’un simple restaurant. C’était un point de rencontre, un rendez-vous presque incontournable pour ceux qui voulaient se retrouver, discuter, refaire le monde ou simplement partager un moment de convivialité.
On y croisait des sportifs, des journalistes, des intellectuels, des amis de longue date et des personnages qui faisaient la vie quotidienne de la cité. Abdelhafid était au cœur de cette ambiance. À travers Le Tit, il avait créé, peut-être sans même le chercher, un véritable lieu de sociabilité jadidi.
Puis il y avait Bouafi, le handballeur de l’EJUC. Avec lui, c’est un autre pan de mes souvenirs qui revient : celui du sport, de la jeunesse et de cette passion qui animait les sportifs d’El Jadida.
L’EJUC occupait alors une place importante dans la vie sportive de la ville, et Bouafi représentait cette génération de joueurs qui pratiquaient leur discipline avec enthousiasme, camaraderie et fierté. Le handball était pour eux bien plus qu’un simple sport : c’était une école de vie et un formidable moyen de créer des liens.
Abdelhafid et Bouafi étaient différents par leurs activités, mais ils avaient un point commun : ils appartenaient à cette El Jadida humaine et chaleureuse qui savait rapprocher les gens.
Lorsque je repense aujourd’hui à cette époque, je mesure combien ces rencontres ont compté. Les années passent, les lieux changent, les visages se font plus rares, mais certains souvenirs demeurent intacts.
Et c’est peut-être cela, finalement, la véritable richesse d’une ville : les hommes et les femmes qui ont traversé notre vie et qui, longtemps après, continuent de faire partie de notre mémoire.
Mustapha Abou Ibadallah
