El Jadida, les années 70 : quand la ville respirait encore la douceur de vivre

Dans les années 70, El Jadida avait cette grâce tranquille des villes qui n’avaient pas encore appris à courir.

La cité atlantique s’étirait dans un écrin de verdure, bercée par les embruns, les saisons et le murmure inlassable de l’océan. L’urbanisation n’avait pas encore étouffé ses espaces, ni l’agitation moderne troublé sa douceur de vivre.

À cette époque, El Jadida comptait parmi les villes les plus propres du Royaume. Les rues étaient entretenues, les espaces respectés. Pas de sacs en plastique abandonnés, pas de papiers roulant au gré du vent : la propreté semblait alors aller de soi, comme une évidence partagée.

Il y avait surtout cette atmosphère particulière, presque insaisissable : celle d’une ville paisible où le temps semblait prendre son temps. On y vivait simplement, au rythme des marées, des saisons et des habitudes d’un autre âge. Une ville où les souvenirs se fabriquaient sans bruit, dans la lumière douce des après-midi et les parfums salins venus de l’Atlantique.

Aujourd’hui, ces images ont quelque chose de bouleversant. Elles nous ramènent à une El Jadida que beaucoup de jeunes Jdidis n’ont jamais connue, une ville dont ils ne soupçonnaient peut-être même pas la beauté, la sérénité et cette incroyable douceur de vivre.

Merci infiniment à Aïcha Tofail pour ces photographies précieuses, véritables fragments d’une mémoire que le temps n’a pas totalement réussi à effacer.

Abdellah Hanbali

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