À quelques encablures de El Jadida, la route s’efface peu à peu sous le parfum entêtant des eucalyptus et des acacias. Là, presque en retrait du monde, se dévoile El Haouzia. Une plage comme murmurée à l’oreille des voyageurs en quête de silence, une échappée belle loin des tumults urbains. Ici, tout semble suspendu, comme si le temps lui-même hésitait à troubler la quiétude du lieu.
El Haouzia ne se livre pas d’un seul regard. Elle se mérite. On y accède par des sentiers discrets, presque secrets, qui prolongent le plaisir de la découverte. Puis, soudain, l’horizon s’ouvre : une mer aux reflets turquoise, un ruban de sable fin qui s’étire sur près de dix-sept kilomètres, de l’embouchure d’Oum Errbiê jusqu’aux portes de la ville. Une respiration. Une promesse.
Dans ce décor, la mer ne gronde pas, elle danse. Elle épouse le rivage dans une valse douce, presque intime. Les promeneurs s’y abandonnent, les amoureux y dessinent leurs traces, et les regards se perdent dans un panorama qui oscille entre rêve et réalité. Comment se lasser d’un tel spectacle, où chaque instant semble peint à la main ?
Naguere, il y a cette silhouette insolite, ce bateau échoué que les habitués surnomment affectueusement “le Titanic”. Figé dans le temps, il veillait sur la plage comme un vestige poétique, un témoin silencieux devenu emblème. À ses côtés, le souffle du Mazagan Beach & Golf Resort rappelle que la région avance, portée par un élan touristique qui n’a pourtant pas altéré l’âme du lieu.
Car El Haouzia, malgré les regards qu’elle attire, a su préserver l’essentiel : sa pureté. Depuis 2006, elle arbore fièrement le label Pavillon Bleu, distinction exigeante qui consacre la qualité de ses eaux, la rigueur de sa gestion environnementale et la sécurité offerte à ses visiteurs. Une reconnaissance qui n’est pas un simple trophée, mais un engagement quotidien.
Ici, la nature est respectée comme une confidence précieuse. Chaque vague, chaque grain de sable semble porter cette promesse : celle d’un équilibre fragile, mais préservé.
Alors, pour qui cherche une parenthèse hors du temps, une halte où l’âme respire autant que le regard s’émerveille, El Haouzia s’impose comme une évidence. Une perle, oui, mais une perle vivante, vibrante, qui continue d’écrire, au fil des marées, son propre poème.
Abdellah Hanbali
