Il y a des silences qui en disent long. Sur le sable de la plage d’El Jadida, le temps s’est brusquement arrêté au début de ce long weekend. En quelques secondes à peine, un simple moment de jeu s’est transformé en drame, emportant avec lui Mohammed Belkahla, jeune élève du lycée qualifiant Mohammed Arrafi et joueur parmi les juniors du Raja Al Jadidi.
Ils étaient là, comme tous les jeunes de son âge, à courir derrière un ballon, à rire, à défier le vent marin. Mohammed, lui, faisait ce qu’il aimait le plus : jouer au football, partager, exister pleinement dans cette insouciance propre à la jeunesse. Puis, sans prévenir, son corps a cédé. Une chute soudaine, incompréhensible, sous les regards figés de ses amis. L’instant d’avant, il courait. L’instant d’après, il n’était déjà plus tout à fait là.
Les premières informations évoquent une possible complication liée à l’asthme, une fragilité silencieuse qui aurait fini par trahir ce jeune corps en plein effort. Mais au-delà des causes, c’est la brutalité de l’absence qui frappe. Une vie interrompue sans préavis, comme une phrase inachevée.
Au lycée comme sur les terrains, Mohammed n’était pas qu’un élève ou un joueur. Il était de ceux dont la présence compte : un sourire facile, une gentillesse naturelle, une énergie contagieuse. Aujourd’hui, ses camarades peinent à réaliser. Dans les couloirs de l’établissement comme sur les terrains où il évoluait, il manque déjà quelque chose, une voix, un rire, une promesse.
La direction provinciale du ministère de l’Éducation nationale à El Jadida a exprimé ses condoléances à la famille du défunt, à ses enseignants et à ses camarades, saluant la mémoire d’un jeune apprécié de tous. Mais les mots, aussi sincères soient-ils, semblent dérisoires face à l’ampleur du vide.
Car au fond, ce drame rappelle une vérité aussi simple que cruelle : parfois, la vie ne prévient pas. Elle s’interrompt au détour d’un match, au cœur d’un éclat de rire, laissant derrière elle des souvenirs encore chauds et des rêves suspendus.
Et sur cette plage où résonnaient encore ses pas, il ne reste désormais que le bruit des vagues… et l’écho d’un match que Mohammed Belkahla n’aura jamais terminé.
Paix à son âme
El Jadida : le dernier match de Mohammed Belkahla, une jeunesse fauchée en plein élan
