Camping international d’El Jadida ou quand la gestion communale vire au règlement de comptes


Présentée comme une opportunité de relance touristique, l’attribution du bail du camping international à une entreprise locale, pour une redevance annuelle de 261 millions de centimes et des investissements promis de 2,5 milliards de centimes, n’aura été qu’un mirage de plus. Très vite, les chiffres se sont dissous dans l’inaction, laissant place à une fermeture prolongée aux lourdes conséquences.
La vérité, désormais établie, a été révélée lors de la dernière session de février. De l’aveu même du président du conseil communal, l’entreprise adjudicataire a failli à ses engagements : loyers impayés, investissements inexistants et cahier des charges ignoré. Un constat grave, qui ne met pas seulement en cause le partenaire privé, mais interroge frontalement la responsabilité du conseil communal dans la protection des deniers publics et la gestion des biens stratégiques de la ville.
Car au-delà de l’échec contractuel, c’est une volonté politique trouble qui transparaît. Sous la présidence de Jamal Ben Rbiâ, le camping international, jadis vitrine touristique d’El Jadida, a été conduit vers une fermeture durable, sans alternative ni vision.
Une fermeture qui, dès l’origine, semblait davantage recherchée que subie. Une pure vengeance.
Car le contraste est saisissant avec la période de l’ancien gestionnaire, le parlementaire et ancien élu communal, Haj Abderrahim Kamel, qui avait assuré pendant des décennies la continuité et l’ouverture du site. Son éviction, consécutive à son refus de soutenir Jamal Ben Rbiâ lors du vote pour la présidence du conseil communal lors du précédent mandat, jette une lumière crue sur une gestion où l’intérêt général semble avoir cédé le pas aux rancunes politiques.
Les conséquences sont aujourd’hui visibles : touristes détournés, caravanistes livrés à l’errance, plages transformées en campements anarchiques, pression accrue sur le patrimoine historique et perte sèche en image comme en ressources économiques.
Voilà comment sont gérés les biens immobiliers de la ville d’El Jadida par Jamal Benrbiâ.
Face à ce gaspillage manifeste du temps, de l’argent public et du potentiel touristique, pour le simple plaisir d’une mesquine et basse vengence du président, une seule conclusion s’impose : un audit indépendant, rigoureux et sans complaisance est désormais une nécessité vitale pour une ville qui ne peut plus se permettre de payer le prix des échecs et des règlements de comptes politiques.

Abdellah Hanbali

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