Dans le cadre du Salon international des ports tenu au Parc d’exposition Mohammed VI d’El Jadida, a eu lieu, le jeudi 2 avril 2026, la présentation du beau-livre « Quand l’Atlantique raconte l’histoire du Maroc » de Leïla Maziane, universitaire et doyenne de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Ben M’sik. Cet ouvrage paru récemment revisite l’identité du Maroc à travers son prisme maritime.
La présentation a pris la forme d’un échange de questions-réponses animé par le professeur Azzedine Kara.
Tout au long de son intervention, suivie par une assistance nombreuse aux profils variés, Leïla Maziane a réussi à insuffler sa passion pour la mer et l’histoire maritime au public présent. Elle a su captiver l’auditoire, notamment par la richesse des détails fournis sur l’importance de la mer dans l’histoire du Maroc à travers les siècles. Elle a rappelé que le Maroc est un pays de longue tradition maritime, bordé par trois façades : l’océan Atlantique, la Méditerranée et le détroit de Gibraltar.
Elle a également souligné que la traduction arabe de l’océan Atlantique par « Al Mouhit Al Atlassi » est inexacte selon elle ; il convient de privilégier le terme original « Al Mouhit Al Atlanti » pour éviter toute confusion avec les montagnes de l’Atlas.
Un fait marquant souligné lors de cette rencontre est que l’importance de la mer dans l’histoire du Maroc est largement révélée par les archives européennes que Leïla Maziane a pu consulter en France, au Portugal, en Italie et en Espagne. Ces pays conservent un véritable gisement de données sur cet aspect, que l’historien français Jean-Louis Miège avait déjà mis en lumière dans sa thèse monumentale, Le Maroc et l’Europe, parue en quatre tomes dans les années 1960.
L’universitaire a également cité l’exemple du sultan Yacoub al-Mansur, troisième calife almohade, un visionnaire ayant précocement compris l’enjeu maritime et considéré en Occident comme l’un des cinq grands personnages de l’histoire de l’humanité. D’autres points fascinants ont enrichi cette présentation, tels que l’épopée d’Estevanico (Azemmouri), ce Marocain qui a participé à la découverte d’une partie de l’Amérique, ou encore l’histoire du tétrapode, cet élément clé du patrimoine maritime mondial né à Casablanca dans les années 1950.
Jmahrim()yahoo.fr
Chronique de Mustapha Jmahri : Leïla Maziane insuffle sa passion pour l’histoire maritime du Maroc
