Brève lecture de « Rencontres franco-marocaines » de Mustapha Jmahri

Par : Brahim El Kalii
Acteur associatif El Jadida

Lire l’ami écrivain Mustapha Jmahri me procure toujours un immense plaisir, tant ses publications riches et diversifiées me fournissent de précieuses informations sur l’histoire et le patrimoine pluriel de ma ville, El Jadida, et de ses environs.
D’ailleurs, la sociologue et universitaire Soumaya Naamane Guessous a eu raison de déclarer à El Jadida, en juin dernier lors de l’hommage qui lui a été rendu par l’Association des Doukkala, que chaque région du Maroc devrait avoir un chercheur de la trempe de Jmahri. Ce témoignage éclairant, publié sur Quid.ma le 25 juin 2025, souligne l’importance vitale de son travail de mémoire.
Son ouvrage, paru chez l’Harmattan : « Rencontres franco-marocaines : de Raymond Aubrac à Driss Chraïbi » ne déroge pas à la règle. Plus que lire ce livre, je l’ai littéralement dévoré le temps d’un trajet aller-retour en train entre Casablanca et El Jadida. Ce voyage m’a permis de découvrir davantage de personnalités du Maroc et de France, parmi lesquelles trois sommités de la littérature marocaine d’expression française — ou plutôt, comme disait Driss Chraïbi, de la « littérature française écrite par des Marocains
Il s’agit, en l’occurrence, du trio incontournable formé par Abdelkebir Khatibi, Driss Chraïbi et Fouad Laroui, ce dernier étant un ami d’enfance de Mustapha Jmahri. Je croyais bien les connaître à travers leurs écrits respectifs, mais ce livre m’en offre un portrait plus personnel et humain.
J’ai également lu avec beaucoup de nostalgie le chapitre consacré à feu Michel Amengual. Ce journaliste français était un grand ami qui a rendu d’immenses services à l’association Cité Portugaise à l’époque où j’en assurais la présidence, luttant alors pour la préservation et la valorisation du patrimoine mazaganais.
Ce livre m’a aussi permis de découvrir de plus près de grandes figures ayant œuvré pour le Maroc sous le Protectorat, telles que Raymond Aubrac, le Dr Guy Delanoë, Philippe Marchat ou Guy Martinet, en mettant particulièrement en lumière leur combat pour l’indépendance politique et économique de notre pays.
Enfin, l’ouvrage livre un récit sincère sur la personnalité de l’ancien directeur de l’ORMVAD à El Jadida, feu Abderrahmane Taouqi. Ce grand commis de l’État a su diriger, pendant 18 ans, cet important organisme de développement avec un sens profond de la considération et de la valorisation des ressources humaines.
« Rencontres franco-marocaines » est un ouvrage riche de détails et empreint d’humanisme que je conseille vivement de lire et de faire découvrir. D’autant que, selon moi, ce ne sont pas les écrits de Mustapha Jmahri qui passent inaperçus, mais bien les lecteurs marocains de livres papier qui se font, hélas, de plus en plus rares.

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