Mharza Sahel ( région d’El-Jadida) : l’histoire d’une présidence communale qui a mené droit à la prison

Le masque est tombé à Mharza Sahel. Le président de la commune a été incarcéré à la prison locale Sidi Moussa, à El Jadida, sur décision du procureur du Roi, après une enquête menée par la Brigade nationale de la police judiciaire. Une arrestation lourde de sens, qui met brutalement fin à un long sentiment d’impunité dans la gestion des affaires locales.
Les faits reprochés sont graves et accablants : faux et usage de faux, abus d’autorité, exploitation de l’influence… Des accusations directement liées à la délivrance douteuse de permis de construire, secteur devenu, au fil des années, un véritable terrain de prédilection pour les dérives et les arrangements obscurs.
À l’origine de l’affaire, une plainte citoyenne, comme un cri d’alerte face à des pratiques devenues trop visibles pour rester impunies. Les investigations approfondies de la police judiciaire ont conduit à l’arrestation du président, puis à sa présentation devant le parquet, qui n’a laissé aucune place à la complaisance : poursuites en état d’arrestation et placement immédiat en détention provisoire.
Au-delà du cas individuel, ce dossier met à nu une réalité dérangeante : celle d’une gestion communale gangrenée par les abus de pouvoir, où la loi semble parfois s’arrêter aux portes des bureaux des élus. L’intervention de la police judiciaire nationale n’est pas anodine ; elle traduit la gravité des soupçons et la volonté affichée de frapper fort contre les réseaux d’influence qui prospèrent à l’ombre des institutions locales.
Selon des sources concordantes, l’enquête est loin d’être terminée. Elle pourrait s’élargir à d’autres acteurs, élus ou intermédiaires, soupçonnés d’avoir participé ou bénéficié de ces pratiques. Un scénario qui confirme que l’affaire de Mharza Sahel n’est peut-être que la partie émergée de l’iceberg.
Dans une région lassée par les promesses creuses et les discours moralisateurs, cette incarcération est perçue comme un signal fort, mais aussi comme une mise à l’épreuve de la justice. Les citoyens attendent désormais des actes, pas des slogans : que la vérité éclate, que les responsabilités soient établies et que la reddition des comptes ne s’arrête pas à un seul nom.
Car à Mharza Sahel, comme ailleurs, la prison d’un élu ne doit pas être une exception spectaculaire, mais le rappel brutal d’une règle simple : le pouvoir n’autorise ni le passe-droit ni l’impunité.

Abdellah Hanbali

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