El-Jadida et Azemmour ne méritent pas le Mazagan Resort


Mazagan Golf & Royal Resort n’est pas un simple complexe touristique posé en marge du territoire. C’est un acteur économique et social majeur de la région, engagé concrètement et financièrement. Plus de trois milliards de centimes sont injectés, chaque année, dans des projets structurants touchant El-Jadida et Azemmour, notamment dans les infrastructures routières : la double voie reliant El-Jadida à Sidi Bouzid, Moulay Abdellah, Jorf Lasfar ou encore Azemmour en est une illustration parlante.
À ces investissements s’ajoutent des projets à forte portée sociale, comme le renouvellement des canalisations à Azemmour, sans oublier le rôle de mécène assumé par le Resort au profit d’institutions telles que Dar Attaliba, Dar Al Mossinine ou encore les structures accueillant des enfants à besoins spécifiques. Autant d’actions qui dépassent largement le simple cadre du profit.
Pourtant, ce Resort, qui aurait dû constituer un véritable levier de développement économique et touristique pour la région, se heurte à une réalité affligeante : la médiocrité persistante des élus locaux et l’indigence d’une autorité qui ne vaut guère mieux.
Les touristes hébergés au Mazagan sont régulièrement horrifiés lorsqu’ils quittent le Resort pour visiter El-Jadida ou Azemmour : montagnes d’ordures, espaces publics à l’abandon, absence criante de gestion urbaine, cité portugaise férmée depuis des années….
À Azemmour, l’expérience vire parfois à l’absurde : avant chaque visite, des touristes sont contraints de présenter leurs passeports à répétition, soumis à des contrôles successifs et à des enquêtes prétendument liées à la DST. Soit. Mais être contrôlé trois ou quatre fois avant une simple visite suffit largement à décourager voire écœurer ces touristes.
Il est légitime de penser que le Mazagan Resort aurait sans doute trouvé un environnement bien plus favorable s’il s’était implanté à Tanger, Rabat, Marrakech ou Fès. Car El-Jadida est aujourd’hui en train de décrocher, distancée comme jamais auparavant par d’autres villes du Royaume.
Les causes sont connues : des élus incompétents, une autorité territoriale défaillante et des parlementaires parfois analphabètes, et à la gestion plus que douteuse. Incapables de constituer un véritable lobby parlementaire, ils n’ont jamais su défendre les intérêts de la ville à l’échelle nationale sous la coupole du parlement.
La preuve la plus éloquente ? Le projet de la faculté de médecine et celui du plus grand stade de football au monde, initialement prévus entre El-Jadida et Casablanca, ont tout simplement changé de cap pour s’implanter à Benslimane, emportant avec eux espoirs, investissements et rayonnement.
À ce tableau sombre s’ajoutent des ONG et associations aux abonnés absents, plus promptes à s’activer à l’approche des échéances électorales qu’à s’engager durablement sur le terrain. Et puis, il y a cette frange de la population qui n’hésite pas à vendre sa voix au plus offrant, poussée par la drogue, le chômage et la précarité… Des fléaux réels, certes, mais qui servent trop souvent d’alibi à l’abdication civique.
Ainsi, pendant que Mazagan s’efforce de tirer la région vers le haut, El-Jadida et Azemmour continuent de se tirer vers le bas, prisonnières d’une gouvernance indigente et d’un abandon collectif devenu presque banal.
Abdellah Hanbali

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