Le Requin Bleu, à jamais dans nos cœurs…

Il est des lieux qui dépassent le simple statut de bâtiment. Des lieux qui deviennent des repères, des souvenirs, des morceaux de vie. Le Requin Bleu était de ceux-là.
Pour toute une génération de Jdidis, il évoque les étés insouciants, les baignades interminables, les parties de volley sur le sable, les éclats de rire entre amis et cette douce fatigue qui suivait une journée passée face à l’océan. Puis venait cet instant magique : s’installer sur son vaste balcon pour contempler le soleil s’enfoncer lentement dans l’Atlantique.
Le ciel s’embrasait, la mer se parait d’or, et le temps semblait suspendu avant que la nuit n’offre à son tour son lot d’animation et de bonheur.
Le Requin Bleu, c’était aussi un homme. Nabil. Son nom restera à jamais indissociable de celui de cet établissement qu’il a dirigé pendant des décennies avec passion, chaleur et générosité. Il lui a donné ses lettres de noblesse, faisant de ce lieu bien plus qu’un simple café ou restaurant : un rendez-vous, une famille, un refuge où chacun trouvait sa place. Son départ brutal, emporté bien trop tôt par une crise cardiaque, a laissé un vide que les années n’ont jamais réussi à combler.
Aujourd’hui, l’édifice a retrouvé une nouvelle jeunesse après sa rénovation. Les murs sont plus beaux, les couleurs plus fraîches. Mais, comme souvent, on ne restaure pas les souvenirs. Ceux-ci demeurent à jamais gravés dans les cœurs de ceux qui ont connu le Requin Bleu d’hier.
Avec lui s’efface une époque. Une partie de notre jeunesse. Une partie de nous-mêmes. Celle des étés heureux à El-Jadida, lorsque le bonheur se mesurait simplement à un coucher de soleil partagé entre amis, au bruit des vagues et aux promesses d’une nuit qui ne faisait que commencer.
À Nabil, notre ami, et au Requin Bleu de notre jeunesse… merci pour ces instants que le temps ne pourra jamais effacer.

Abdellah Hanbali

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