Mme Ginette Bécanne, épouse Laherrère, est née en France le 17 septembre 1946, à La Roche-sur-Yon. Grâce à son époux militaire, elle a découvert la cité d’El Jadida au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Résidant plus tard à Vence, dans les Alpes-Maritimes, elle a accepté de retracer son parcours mémoriel.
Mariée en 1946 à Jean Laherrère, alors engagé dans l’armée française en Algérie, elle s’embarque dès le mois d’août de la même année depuis Bordeaux à bord du navire Le Marrakech. Son objectif est de rejoindre son mari, affecté au premier régiment de Zouaves à la caserne Malakoff de Casablanca (future caserne Aïn Borja).
C’est en juin 1947 qu’elle découvre Mazagan (El Jadida) pour la première fois, à l’occasion d’un week-end prolongé. L’aventure reste gravée dans sa mémoire en raison du voyage pittoresque qu’elle effectue alors qu’elle est enceinte de sa première fille :
« J’avais pris un car ordinaire, bondé à l’intérieur, sur le toit et jusque sur les ailes. Avec mon amie Yvonne Jussaume-Vincenot, nous sommes arrivées à minuit, juste à temps pour aller danser au Casino de la plage, qui a disparu depuis. »
Peu après ce séjour, en août 1947, le régiment de son époux est dissous, l’obligeant à rentrer en Vendée. Elle ne revient au Maroc qu’au début de l’année 1953, après le retour de son mari d’un long séjour de deux ans et demi en Indochine. Le couple s’installe d’abord à Imouzzer Marmoucha, puis les aléas des affectations militaires mènent la famille au camp Christian (Marchouch). Face à une nouvelle menace de mutation de son mari vers l’Algérie, Mme Laherrère refuse de rentrer en France et choisit de s’établir à Mazagan, préférant le climat côtier aux hautes altitudes du Moyen Atlas.
La famille passe une année complète à Mazagan, marquée en mars 1956 par la première communion de ses enfants, Chantal et Alain, célébrée à l’église Notre-Dame-de-l’Assomption au cœur de la cité portugaise. Après l’indépendance du Maroc, son époux sert comme cadre coopérant au sein des Forces Armées Royales (FAR), avant un départ définitif pour Perpignan en novembre 1957. Mme Laherrère n’est revenue au Maroc qu’en 1996 pour visiter Marrakech et le Haut Atlas, confiant n’avoir jamais pu revoir El Jadida, un regret teinté de nostalgie qu’elle partageait souvent avec son amie de toujours, Yvonne Vincenot. Entourée de l’affection des siens, Ginette Laherrère s’est éteinte le 29 juin 2020 à Vence, emportant avec elle le souvenir de sa jeunesse marocaine.
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Légende photo : Laherrère Jean et Ginettte à leur arrivée au Maroc en 1946.
