Hommage posthume à El Habib Benessahraoui

Par Mustapha JMAHRI
Figure militante du Parti du Progrès et du Socialisme (PPS), El Habib Benessahraoui vient de nous quitter en cette fin d’octobre 2026. Homme de convictions et de principes, cet ingénieur émérite a accompli une belle carrière, tant au Maroc qu’à l’international. Je l’ai personnellement connu à la fin des années 1970, plus précisément en 1977 et 1978. À cette époque, il exerçait à l’Office agricole des Doukkala (ORMVAD) et assurait l’intérim du directeur de l’établissement, Abderrahmane Taouqi.
Parallèlement à ses responsabilités professionnelles, son engagement au sein du PPS ne faiblissait pas. Grâce à un travail de longue haleine, il a réussi à faire revivre le parti à El Jadida. Je me souviens encore avoir assisté, sur invitation, à une réunion au sein du siège local situé rue Barkallil.
Après l’obtention de la légalité du PPS en 1974, El Habib Benessahraoui est devenu, avec l’aide de sa femme, la cheville ouvrière du redémarrage du parti à El Jadida et dans les Doukkala. Il s’est également investi comme un membre actif au sein de la vie associative locale, notamment à travers la dynamique Association culturelle.
Cette convergence entre engagement politique et action syndicale transparaît dans les mémoires de son collègue à l’Office des Doukkala, Mokhtar Timour, ancien responsable régional de l’Union Marocaine du Travail (UMT) à El Jadida. Dans sa biographie intitulée « Une vie d’engagements à El Jadida », ce dernier rappelle qu’en 1977, un groupe de jeunes ingénieurs lauréats de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II militaient, sous la houlette de Benessahraoui, à la fois au PPS et à l’UMT. Selon Mokhtar Timour, face au développement de ce genre d’activités, la décision fut prise d’éloigner El Habib Benessahraoui d’El Jadida en le réintégrant au siège du ministère de l’Agriculture à Rabat. Le directeur Abderrahmane Taouqi lui rendit alors un hommage d’adieu en présence du personnel de l’Office. Dans la période qui a suivi, on retient son passage marquant au journal Al Bayane, au retour d’une campagne électorale qu’il avait dirigée à Tamalalt aux côtés de feu Thami El Khyari.
Malgré ces épreuves, El Habib Benessahraoui n’a jamais renoncé à ses activités. Après avoir poursuivi son action politique dans la capitale, il a mis ses compétences au service d’organisations internationales au Canada (notamment à Québec) puis à Paris, où il a brillamment achevé sa carrière internationale. Spécialiste reconnu, il laisse derrière lui de nombreux écrits consacrés à la question agraire, qui tendent à une meilleure compréhension des réalités du monde paysan.
Sur la photo, le défunt Benessahraoui est le deuxième debout à gauche

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