Halima DOUA : Hymne à la nature

Par le pinceau créatif de Halima DOUA,
l’artiste ingénieure et l’ingénieuse artiste.
En cherchant à joindre l’utile à l’agréable, Halima Doua s’est laissée happer par un agréable piège : celui de la création. Un piège doux, mielleux, mais salvateur, qui a fini par ébranler son Moi initial pour devenir un véritable ballon d’oxygène, aussi indispensable que son travail scientifique.
Deux responsabilités cohabitent ainsi chez elle, sans jamais constituer ni un fardeau ni un frein. Bien au contraire. D’une part, parce qu’il existe un lien étroit entre la nature de son métier et l’essence même de ses toiles. D’autre part, parce que la relation entre la vie et l’œuvre, chez l’artiste, demeure profondément imbriquée, parfois même indissociable.
Vue sous cet angle, cette complémentarité devient un espace de liberté. Elle permet au peintre de s’exprimer pleinement, d’extérioriser un Moi intime, profond, parfois voilé, volontairement ou non dissimulé, et difficile à livrer autrement que par le langage de l’art.
Ingénieure d’État généticienne, Halima Doua a suivi sa formation à l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II. Dès son plus jeune âge, elle consacre ses loisirs à la peinture. Nature morte, paysages ruraux ou citadins, portraits… autant de genres qu’elle explore avec une signature singulière : la mise en valeur du patrimoine et de l’héritage traditionnel.
Entre le simple hobby d’hier et la maturité picturale d’aujourd’hui, le chemin parcouru est long, exigeant, parfois périlleux. La superposition minutieuse des couches de peinture, l’animation subtile des couleurs, la précision du geste et la force expressive de ses toiles témoignent de cette quête permanente de perfection.
 » La recherche de la perfection est ce qui me stimule, ce qui me donne l’énergie nécessaire pour continuer », confie-t-elle.
Maîtriser une lumière, une forme, un fond, une palette de couleurs et les faire dialoguer harmonieusement exige une connaissance approfondie, une rigueur presque scientifique. »
Pour elle, le progrès de l’artiste repose sur deux piliers : le travail et la patience, cette passion obstinée qui pousse à reprendre la même œuvre, encore et encore, sans lassitude ni découragement, jusqu’à l’aboutissement espéré. Chaque détail compte, chaque maillon est essentiel. Une toile se construit comme une œuvre de fourmi, méthodique et consciencieuse.
Et pourtant, telle une cigale, Halima Doua choisit l’hibernation durant l’automne et l’hiver. Elle ne renaît qu’aux premiers souffles du printemps, lorsque la nature chante, danse et célèbre la vie. Quand les couleurs nouvelles l’enveloppent de leur voile arc-en-ciel, quand tout devient densité des paysages, force des teintes, métamorphose et extase.
C’est alors que son art s’anime. D’un geste vif et allègre, porté par une joie de vivre communicative, elle reproduit cette lumière magique, ces reflets aux mille nuances.
Si le noir demeure absent de ses tableaux, ce n’est nullement un hasard. Couleur du deuil et de l’effacement, il n’a pas sa place dans une nature jeune, vigoureuse, débordante de vitalité.
À travers ses toiles de grand format et sa prédilection pour la peinture à l’huile, Halima Doua poursuit inlassablement la clarté et la lumière. Seules capables, selon elle, d’autoriser une douce errance, peut-être un brin de démence, entre le Moi conscient et le Moi subconscient.
Cette lumière, faite pour être vue, guide le regard vers les formes, les couleurs et l’harmonie globale de la toile, bien plus que vers les contrastes.
De ce subtil jeu d’ombre et de clarté naît une véritable maestria : les toiles parlent. La vie, l’émotion, l’intime jaillissent tels des feux d’artifice, libres, fiers, ivres de beauté et de bonheur, en quête de l’autre, en quête de l’univers.
Un hymne de plus à la nature, loin de déplaire à notre Doukkala, que Halima Doua porte en elle, tout en vivant et travaillant à Rabat.
Abdellah Hanbali

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