Il serait peut-être temps que Walid Regragui ouvre les yeux sur ce joyau qui brille sous nos yeux. Ismaïl Baâouf n’a plus rien d’un espoir en devenir : il est déjà une valeur sûre, un roc défensif qui respire la maturité et la hargne des grands.
Dans un contexte où l’équipe nationale souffre d’un manque évident d’options solides dans l’axe central, l’entraîneur des Lions de l’Atlas aurait tout à gagner à lui offrir sa chance. Car Baâouf, c’est bien plus qu’un simple défenseur : c’est un soldat de terrain, un joueur qui vit chaque duel comme une mission et chaque intervention comme une promesse faite à ses couleurs.
Il suffit de revoir ses dernières prestations pour mesurer l’ampleur de son engagement. Rien ne l’effraie : ni les blessures, ni les coups, ni la pression du temps. Il joue avec le cœur, avec le courage d’un vétéran et l’énergie d’un débutant affamé de reconnaissance.
Regragui ne devrait pas répéter avec Baâouf l’erreur commise avec Lamine, ce faux prétexte de la jeunesse, ce refrain qu’on sert trop souvent pour masquer l’hésitation. Le talent n’attend pas le nombre des années. Et quand un joueur prouve qu’il est prêt, il faut savoir lui tendre la main, pas lui fermer la porte.
Ce défenseur-là est prêt pour le grand saut. Il mérite de porter le maillot national, de s’imposer dans cette charnière encore en quête de stabilité. Car sans défense solide, point de titre. Et Baâouf, lui, a déjà gravé cette vérité dans sa chair et dans son jeu.
Alors, monsieur Regragui, le message est clair : ne laissez pas passer ce lion rugissant. Offrez-lui sa chance, et vous verrez que derrière son regard de guerrier se cache peut-être le pilier
Abdellah Hanbali
