El-Jadida : Quand l’âne devient le meilleur régulateur de la circulation

À El-Jadida, inutile de chercher des feux intelligents, des caméras de surveillance dernier cri ou des patrouilles de police pour réguler le trafic. Ici, c’est un âne, planté au milieu de la chaussée, qui s’improvise agent de circulation. Et le plus ironique, c’est qu’il semble faire mieux que certains responsables locaux.
La scène, capturée en plein cœur urbain, illustre la schizophrénie urbanistique de la ville : d’un côté, des voitures modernes, importées et climatisées ; de l’autre, un animal rural qui trouve naturellement sa place sur le bitume. Ce contraste n’est pas anodin : il traduit l’absence totale de vision et le laisser-aller des autorités censées donner une âme à la ville.
Car enfin, comment expliquer qu’en 2025, une agglomération comme El-Jadida se débatte encore dans une telle confusion entre l’urbain et le rural ? La réponse est simple : une agence urbaine aux abonnés absents, des autorités complaisantes, et des élus plus préoccupés par leurs intérêts personnels que par l’avenir collectif. Résultat : une ville qui patauge dans une anarchie chronique où même les ânes finissent par devenir des symboles d’ordre… au milieu du chaos.
La vérité, c’est qu’El-Jadida ne manque pas de ressources, mais de gouvernance. Et tant que l’incompétence, le clientélisme et l’absence de vision continueront de dicter la marche à suivre, on risque fort de croiser encore longtemps des scènes dignes de cartes postales surréalistes : des ânes plus à l’aise que les piétons sur la voie publique.
En attendant une prise de conscience qui tarde à venir, la ville restera ce qu’elle est devenue : un décor hybride où l’animal semble mieux adapté que l’homme à l’anarchie ambiante.

Abdellah Hanbali

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