Longtemps considérée comme l’une des plus belles stations du littoral marocain, Sidi Bouzid s’enlise aujourd’hui dans un désordre inquiétant. Aux commandes, un conseil communal à l’esprit plus rural que balnéaire, dont la priorité semble être la rente facile plutôt que la préservation du site.
Plage squattée, trottoirs détournés, parkings privatisés… même les rares espaces verts, autrefois lieux de détente, sont désormais loués à des commerçants. Le théâtre en plein air, jadis fleuron culturel de la région, n’est plus qu’un souvenir effacé, tout comme la fontaine historique, à sec depuis trois décennies.
D’une station balnéaire moderne, Sidi Bouzid s’est muée en souk à ciel ouvert. Une dérive marchande face à laquelle les élus, sans vision ni culture urbaine, semblent complètement dépassés. Et pendant que la station se dégrade et se ruralise à vue d’œil, les autorités de tutelle gardent un silence assourdissant.
Ce qui se joue ici n’est pas qu’un lent déclin, mais bien un démantèlement méthodique. Sidi Bouzid mérite mieux que cette gestion approximative aux allures de sabotage.
Abdellah Hanbali
