Moussem de Moulay Abdellah: quand le folklore se heurte au désordre

Du 08 au 17 août 2024, le Moussem annuel de Moulay Abdellah Amghar fera son grand retour.

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Chaque année, des milliers de visiteurs, nationaux et étrangers, pressent dans l’espoir de vivre un moment unique, annoncé à grands renforts de slogans pompeux : « levier du tourisme », «. leadership historique », « plus grand Moussem aux niveaux national et arabe ». Mais une fois sur place, la réalité est tout autre : désordre ambiant, manque d’infrastructures, insécurité, saleté… autant de constats qui ternissent l’image de cet événement censé rayonner bien au-delà des frontières régionales.

La « Tbourida », pourtant fleuron de cette manifestation, en devient presque indigeste tant l’organisation laisse à désirer. Quant aux spectacles de fauconnerie ou aux soirées artistiques, ils souffrent eux aussi de cette gestion approximative qui prive le Moussem de toute ambition qualitative.

Les organisateurs, jusqu’ici, semblent incapables d’insuffler un véritable souffle à cette manifestation. Le tourisme culturel ne se décrète pas à coup de slogans : il se construit, se structure, se professionnalise. Le Moussem pourrait être une vitrine patrimoniale exceptionnelle, un moment d’évasion et de découverte enraciné dans l’identité locale. Mais il reste, pour l’heure, synonyme de débrouille, de chaos et de déception.

Reste un point « positif » : l’activité économique que ce Moussem continue de générer pour certains. Mais pour combien de temps encore, si la médiocrité de l’accueil persiste ?

Il est plus que temps de remettre à plat ce rendez-vous. Un Moussem du XXIe siècle ne peut plus se permettre d’ignorer les standards d’hygiène, de sécurité, d’un minimum de confort ou encore de respect du visiteur. Sinon, il continuera à tourner en rond, condamné à n’être qu’un souvenir folklorique sans lendemain. Car il n’est plus possible de continuer à nous faire « avaler » autant de médiocrité et de désordre, sous le sempiternel prétexte que « ce n’est qu’un Moussem ». Un minimum d’organisation, un soupçon d’effort, un brin de progrès, année après année… et ce Moussem pourrait devenir un véritable fleuron national. Un rendez-vous de fierté collective, sans rien perdre de son âme ni de son authenticité.

Abdellah Hanbali

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