Chronique de Mustapha Jmahri : Bouchaib Falaki, entre réel et imaginaire

Né à El-Jadida en 1943, Bouchaïb Falaki a su développer un style singulier qui lui a permis d’occuper une place de choix dans l’histoire de l’art moderne marocain. Il conçoit ses créations en s’inspirant de la vie quotidienne traditionnelle, qui perdure à travers le Maroc. Pour cet artiste, la peinture est un vecteur d’expression, puisé dans ses réminiscences et ses émotions.
Toujours à la recherche de vérité, cet artiste scrute la vie des petits personnages à travers le prisme de ses pinceaux. Ses toiles mettent en scène des instants de vie racontant des histoires et perpétuant des paysages et des traditions. Chaque toile est une confidence, nourrie de souvenirs, de regards croisés et d’émotions, puisées au cœur du Maroc éternel. D’autres tableaux, parmi ses œuvres, laissent planer diverses interprétations.
Autodidacte, Bouchaïb Falaki a appris à écouter le monde avant de le peindre. Il affectionne le travail par thèmes, qu’il explore dans le temps. Son amour pour la quiétude de la vie rurale et le charme des anciennes villes marocaines constitue une source constante d’inspiration. Dans ses toiles dominent, en général, harmonie et sérénité, mais aussi créativité et imagination. Il parvient à saisir l’essence de la vie quotidienne, qu’il s’agisse des habitants des médinas ou du monde rural.
À chacune de ses expositions, Bouchaïb Falaki nous invite à découvrir et redécouvrir la richesse du patrimoine sensible, où la simplicité devient langage universel. Son œuvre, exposée au Maroc et au-delà des frontières, a voyagé de Casablanca à Marrakech, de Rabat à Tanger, mais aussi vers Sète, Aix-en-Provence, Marseille ou Rotterdam, portant avec elle l’empreinte d’un Maroc intemporel.
Dans son tableau « Hommage à Mazagan–El Jadida », l’artiste offre à sa ville natale une déclaration d’amour picturale. La toile se déploie comme une mémoire recomposée, où se rencontrent architecture, nature et présence humaine. L’ancien siège du contrôle civil devenu musée de la Résistance, le parc verdoyant, la majestueuse Citerne portugaise, les passants et le vendeur ambulant forment une chorégraphie douce, empreinte de tendresse.
Au cœur de cette composition, la lumière naît de la citerne, se transforme en un halo plus intense au-dessus de son puits. La végétation, située entre le musée de la Résistance et la citerne portugaise, baigne dans la lumière du soleil, se détachant sur un ciel d’un bleu profond.
Ainsi, chez Bouchaib Falaki, passé et présent se rejoignent dans une composition où mémoire et lumière dialoguent en toute harmonie.

Légende photo : Deux artistes-peintres d’El Jadida Lahbib M’Seffer et son ami Bouchaib Falaki (à droite)

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