Hôpital Mohammed V d’El Jadida : le principal établissement public vacille sous le poids des dysfonctionnements

L’Hôpital provincial Mohammed V d’El Jadida, principal établissement public de la ville et de toute sa périphérie, se retrouve au cœur d’une vive controverse. Cette semaine, une commission d’inspection relevant de la direction régionale du ministère de la Santé et de la Protection sociale s’y est rendue pour une visite inopinée, avec pour mission d’évaluer l’ampleur des dysfonctionnements récemment relayés par les médias et par de nombreux témoignages de citoyens.

Censé être le pilier du système de santé dans la province, l’hôpital traverse une zone de turbulences qui ne laisse personne indifférent. Derrière ses murs, ce sont des patients inquiets, des familles désemparées et un personnel sous pression qui témoignent d’un malaise profond.
Au fil des jours, les dysfonctionnements se sont accumulés et ont fini par éclater au grand jour. Pannes d’équipements essentiels, lenteurs administratives, manque de coordination, retards dans la prise en charge : autant de signaux d’alerte qui interrogent sur la gestion d’un établissement censé garantir un accès équitable et digne aux soins.
La situation du scanner, régulièrement hors service, cristallise à elle seule le sentiment d’abandon exprimé par de nombreux usagers. Comment comprendre que des investissements importants soient annoncés ou engagés, alors que les services de base peinent encore à fonctionner normalement ? Le décalage entre les montants dépensés et la réalité du terrain nourrit l’incompréhension et la colère.
À cela s’ajoute une pression constante sur les équipes médicales et paramédicales, souvent confrontées à des moyens limités face à une demande croissante. Dans un hôpital qui couvre non seulement El Jadida mais aussi une large partie de sa périphérie, la moindre défaillance a des répercussions immédiates sur des milliers de citoyens.
Au-delà des chiffres et des rapports, ce sont des parcours de soins interrompus, des diagnostics retardés et des patients contraints de se tourner vers le privé, quand leurs moyens le permettent, qui dessinent les contours d’une crise silencieuse.
Aujourd’hui, la question dépasse le simple constat des défaillances. Elle touche à la gouvernance, à la transparence dans la gestion des marchés publics et, surtout, au respect d’un droit fondamental : celui de se soigner dans des conditions dignes. Pour beaucoup, il ne s’agit plus seulement de corriger des erreurs ponctuelles, mais de repenser en profondeur le fonctionnement d’un établissement stratégique pour toute une région.
L’hôpital Mohammed V n’est pas un hôpital parmi d’autres. Il est le cœur sanitaire d’El Jadida. Et lorsque le cœur vacille, c’est tout un territoire qui retient son souffle.
Abdellah Hanbali

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