Cette improvisation qui freine la ville : le lourd tribut de l’amateurisme dans les projets urbains à El Jadida

L’achèvement des travaux d’aménagement des avenues Attahrir (route de Sidi Bouzid) et Bir Anzarane (route de Marrakech), pourtant classées parmi les axes structurants de la ville d’El Jadida, illustre une fois de plus les conséquences coûteuses de l’improvisation et du manque de rigueur dans la conduite des projets publics.
Essentielles pour la fluidité de la circulation et l’amélioration du cadre urbain, ces artères auraient dû être livrées depuis longtemps. Or, leur retard prolongé ne s’explique ni par une pénurie de financements ni par une absence de besoins clairement identifiés, mais par une série de dysfonctionnements en amont, liés à une gestion approximative et à des décisions prises sans études juridiques et techniques suffisamment approfondies.
Le projet a été enlisé durant des années dans des contentieux judiciaires découlant de marchés publics mal ficelés, engagés à la hâte, sans anticipation sérieuse des risques légaux. Une légèreté qui a fini par paralyser l’action communale, plaçant la ville dans une impasse administrative et juridique, au détriment des citoyens.
Ce cas révèle un mal récurrent : certains responsables persistent à lancer des projets structurants sans prendre le temps nécessaire pour assainir leur cadre juridique, consolider leurs études préalables et sécuriser chaque étape du processus. Résultat : des chantiers inachevés, des décisions contestées devant les tribunaux, et une collectivité contrainte d’attendre l’épuisement de longues procédures judiciaires avant de pouvoir reprendre son souffle.
Avec le jugement définitif rendu en appel, le verrou juridique a enfin sauté. Mais cette issue tardive pose une question de fond : combien de temps, d’argent public et d’opportunités de développement ont été sacrifiés à cause d’un manque de professionnalisme et d’anticipation ?
Aujourd’hui, la responsabilité de la nouvelle équipe communale est double : relancer rapidement le projet, mais surtout rompre avec les pratiques du passé. Car réussir un projet urbain ne se limite pas à poser de l’asphalte et des trottoirs. Cela commence bien en amont, par des études sérieuses, une vision claire et une gouvernance qui respecte l’intelligence de la ville et les attentes de ses habitants.
Les Jdidis n’attendent plus des annonces, mais des projets maîtrisés, menés jusqu’au bout, et enfin à la hauteur des ambitions d’El Jadida.
Abdellah Hanbali

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