La ville d’El-Jadida a trop longtemps payé le prix des illusions vendues par ceux qui prétendaient la faire progresser. La médiocrité a assez duré. Pendant des décennies, des opportunistes ont prospéré sur son dos, la transformant en une simple vache à lait, exploitée sans scrupules ni vision.
Aujourd’hui, la coupe est pleine. Cette ville, au patrimoine exceptionnel légué par les civilisations portugaise et française, est méthodiquement détruite, défigurée et vandalisée. Non par fatalité, mais par la main de pseudo-gestionnaires, d’escrocs et de médiocres, incapables de gérer leurs propres existences et encore moins l’intérêt collectif.
Sous couvert de développement et de gestion publique, ces individus n’ont cessé de corrompre, d’appauvrir et de brader l’âme d’El-Jadida. Le passé glorieux de la cité est piétiné sans vergogne, son charme sacrifié sur l’autel d’une cupidité maladive et d’une soif d’enrichissement dont l’origine demeure, jusqu’à présent, plus que douteuse.
El-Jadida ne mérite ni ces pratiques ni ces profils. Elle mérite une gouvernance responsable, respectueuse de son histoire, consciente de sa valeur et tournée vers l’avenir. Ceux qui ont fait de la prédation un mode de gestion feraient mieux d’aller chercher ailleurs leurs nouveaux terrains de rapine. Ici, le saccage doit cesser.
Abdellah Hanbali
