El Jadida : Quand « Rawda Jdida » devient le miroir d’un naufrage moral


À El Jadida, le « nouveau cimetière », communément appelé Rawda Jdida, est aujourd’hui au cœur d’une indignation grandissante. Ce lieu censé incarner le recueillement, le respect et la mémoire des disparus est devenu, au fil du temps, le théâtre de comportements qui choquent et heurtent les consciences.
Dans cet espace où reposent des hommes et des femmes ayant quitté ce monde dans la plus grande simplicité, des scènes d’incivisme et de dégradation ont été constatées. Déchets éparpillés, absence d’entretien régulier, odeurs nauséabondes provenant des alentours, mais surtout des comportements inappropriés de certains individus qui semblent avoir oublié que les cimetières ne sont pas des terrains vagues, encore moins des refuges pour des pratiques indécentes.
Ce qui se passe à Rawda Jdida dépasse la simple question de la gestion urbaine. Il s’agit d’un problème plus profond : un manque criant d’éducation civique et morale. Car au-delà des infrastructures défaillantes, c’est la conscience collective qui est interpellée. Comment peut-on piétiner un lieu où reposent nos semblables ? Comment tolérer que l’absence de clôture efficace et de surveillance transforme un sanctuaire de paix en espace livré aux dérives ?
Dans notre culture, honorer le mort est un devoir sacré. Le respect des défunts ne relève pas seulement du rite religieux ; il est l’expression même de notre humanité. Profaner un cimetière, c’est rompre le pacte moral qui lie les vivants aux disparus. C’est oublier que la terre qui recouvre ces tombes nous accueillera, un jour ou l’autre, sans distinction de richesse ni de condition.
La situation à Rawda Jdida interpelle autant les autorités que les citoyens. Oui, il est urgent de renforcer l’entretien, d’intensifier les rondes de contrôle et d’assainir les abords du cimetière. Mais il est tout aussi urgent de réhabiliter les valeurs de respect et de responsabilité. Une ville ne se mesure pas uniquement à ses routes ou à ses bâtiments, mais à la manière dont elle traite ses morts.
À El Jadida, Rawda Jdida ne devrait pas être le symbole d’un abandon, mais celui d’un sursaut. Car le respect des morts commence toujours par l’éducation des vivants.

Abdellah Hanbali

Related posts

Leave a Comment