El-Jadida, la dérive d’une ville livrée à l’anarchie


Le constat est sans appel : El-Jadida subit une ruralisation progressive et anarchique, conséquence directe du laisser-faire، voire de la complaisance, des autorités face à la prolifération du commerce informel. Une situation qui soulève une question centrale : qui protège réellement cette anarchie et qui en tire profit ?
Le centre-ville offre aujourd’hui l’image d’un souk à ciel ouvert. Trottoirs et artères principales sont occupés illégalement, des activités commerciales douteuses prolifèrent et les règles les plus élémentaires d’hygiène et de sécurité sont ouvertement bafouées. Des grillades sont préparées sur la voie publique, parfois en bloquant totalement la circulation, sans la moindre intervention des services concernés.
Ce laisser-faire a favorisé la transformation illégale de certains commerces en snacks insalubres, au détriment du commerce organisé, de l’esthétique urbaine et de l’image de la ville. Les grandes avenues et lieux symboliques, comme la place Mohammed V, sont dans un état de dégradation avancée, offrant aux visiteurs une image désolante d’une cité abandonnée.
L’anarchie s’étend également au transport public : véhicules délabrés, absence de réglementation des tarifs et abus quotidiens subis par les citoyens. Le Mazaganais, livré à lui-même, ne reconnaît plus sa ville et endure indifférence et mépris.
Face à l’inaction de la commune et des services compétents, le gouverneur de la province est directement interpellé. Le silence et la passivité ne peuvent plus être tolérés, car laisser faire revient à cautionner la destruction d’une ville à l’histoire riche et au potentiel touristique indéniable.
El-Jadida, jadis symbole de charme et d’élégance, ressemble aujourd’hui à un centre rural désorganisé, loin du « Deauville marocain » qu’elle fut autrefois.

Abdellah Hanbali

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