L’émission d’histoire hebdomadaire « Kan Ya Makane » (L’histoire d’un lieu), diffusée sur la chaîne marocaine 2M, a consacré son édition du samedi 23 mai 2026 aux libéraux français enterrés au cimetière européen d’El Jadida.
Lors de cet épisode préparé par le journaliste Abderrahim Tafnout, l'écrivain-chercheur Mustapha Jmahri a évoqué la contribution notable de ces libéraux français, anciens résidents de Mazagan, dans l’appui des revendications marocaines. Parmi les figures marquantes citées figurent la doctoresse Eugénie Delanoë, arrivée à El Jadida en 1913, et son fils, le docteur Guy Delanoë, qui fut président de l’association « Conscience française ». Mustapha Jmahri a également rappelé le rôle culturel avant-gardiste d'André Adigard des Gautries, assureur de profession, mais surtout homme de théâtre et de grande culture. Ce dernier s'était profondément ouvert à la jeunesse marocaine de l'époque en créant une troupe de théâtre amateur ainsi que l’association Le Groupement culturel.
En montrant la tombe de Guy Delanoë, Mustapha Jmahri a rappelé qu'il avait personnellement connu le médecin. Il a indiqué que ce libéral français, en reconnaissance du rôle d’appui qu’il a joué au moment de l’indépendance du Maroc, avait été honoré par des wissams royaux. Bien qu’il soit décédé en France, il a tenu, selon ses dernières volontés, à être inhumé dans sa ville natale d’El Jadida. Sa sépulture repose désormais aux côtés de ses parents, dans cette terre des Doukkala où il avait vu le jour en 1916.
Jmahri a également ajouté qu'il avait assisté personnellement à ses funérailles, qui s'étaient déroulées en présence de personnalités nationales marquantes telles que le docteur Abdelkrim El Khatib, Si Mohamed M'jid (ancien président de la Fédération Royale Marocaine de Tennis) et l'ancien ambassadeur Abdeslam Harraki,
En s’arrêtant devant les différentes sépultures des personnes concernées, Mustapha Jmahri a également soulevé le cas singulier de huit soldats sénégalais de confession musulmane, inhumés dans ce cimetière chrétien en raison de leur appartenance à l’armée française sous le Protectorat. Le chercheur a expliqué le contexte de leur enterrement ainsi que le problème délicat lié à l'absence de sépultures nominatives. Faute d'archives accessibles pour cette période de la Deuxième Guerre mondiale, l’identité précise de ces huit soldats reste, à ce jour, inconnue.
La suite de cet épisode sur le cimetière européen d’El Jadida est prévue le samedi prochain, 30 mai 2026.