La plage d’El-Jadida, telle qu’elle se présentait dans les années 70, reste un témoignage vivant d’une époque où le travail des conseillers communaux était synonyme d’engagement.
Une période durant laquelle le titre de Ville la Plus Propre du Royaume n’était pas un slogan creux, mais une distinction amplement méritée.
C’était aussi le temps où les responsables publics semblaient davantage habités par le sens du devoir, par l’intégrité et par une conception du service qui faisait primer l’intérêt collectif. Une manière de gouverner héritée peut-être de cette rigueur administrative laissée par les Français tout juste partis.
Et aujourd’hui, que subsiste-t-il de ce passé ? Où sont passés ces hommes et ces femmes de conviction, ceux qui considéraient la ville non comme une rente, mais comme une responsabilité ?
Comment expliquer que les colons aient pu bâtir, en trois décennies à peine: ports, routes, rails, aéroports, centres-villes… tandis que nous peinons, un siècle plus tard, à maintenir et préserver ce legs ?
Une question dérangeante s’impose : qu’ont réellement fait nos décideurs depuis, sinon laisser se déliter un patrimoine qu’ils auraient dû enrichir ?
À force d’abandon et d’indifférence, le citoyen a parfois le sentiment qu’on l’associe moins à un projet collectif qu’à une ressource à exploiter.
Car la vraie interrogation demeure : comment retrouver l’esprit de responsabilité et d’ambition qui faisait jadis la fierté d’El-Jadida ?
Et surtout, sommes-nous prêts, collectivement, à exiger mieux ?
Abdellah Hanbali
