Ils sont jdidis de souche et de cœur. Mais ce qui les unit, au-delà de leur attachement indéfectible à leur ville natale, c’est surtout un passé commun forgé sur les bancs du mythique lycée Ibn Khaldoun, dans les années soixante. Un établissement d’exception qui aura marqué plusieurs générations et vu défiler entre ses murs des personnalités devenues incontournables, à l’image d’André Azoulay, conseiller de SM le Roi Mohammed VI et figure emblématique du dialogue interculturel.
Housni Benslimane, ancien commandant de la Gendarmerie Royale et ex-président du Comité National Olympique Marocain.
El Mostapha Sahel, ancien ministre de l’Intérieur et conseiller royal.
Abdelkrim El Khatib, l’une des grandes figures politiques du Maroc indépendant.
Driss Chraïbi, immense romancier et pionnier de la littérature marocaine francophone.
Omar Fassi Fihri, ancien ministre délégué chargé de la Recherche scientifique.
Tahar El Masmoudi, ancien ministre de l’Industrie et du Commerce.
Latif Lahlou, figure reconnue du cinéma marocain.
Mostafa Lektiri, Haut-Commissaire aux anciens résistants et membres de l’Armée de libération.
Mohammed Ammor, ancien ministre du Commerce extérieur.
Ahmed Laaberki, considéré parmi les premiers vétérinaires marocains.
Abbas Lahlou, ancien directeur de l’Institut de Sociologie de Rabat…
Il faut dire que ce lycée centenaire est devenu au fil des décennies, bien plus qu’un simple établissement scolaire : un véritable creuset de l’élite marocaine, où se sont forgés des parcours qui ont ensuite rayonné bien au-delà d’El Jadida.
Mais aujourd’hui, ces anciens camarades se sont retrouvés dans l’ambiance feutrée du club du COC, le temps d’une parenthèse suspendue entre émotion et nostalgie. Une rencontre rendue possible grâce à l’initiative du professeur Brahim Hentati, enfant de l’avenue Pasteur au quartier Al Qalâa, avec le précieux concours du journaliste de Le Matin Mustapha Abouibadallah.
Plus d’un demi-siècle s’était écoulé depuis que certains ne s’étaient plus revus. Pourtant, dès les premiers échanges, le temps semblait avoir reculé. Les souvenirs ont ressurgi avec une étonnante fraîcheur : anecdotes de jeunesse, éclats de rire, visages gravés dans la mémoire et émotions intactes, comme si les années n’avaient jamais réellement séparé ces anciens élèves.
Au fil des conversations, chacun retrouvait une part de lui-même dans les regards des autres. Il y avait dans cette réunion quelque chose de profondément humain : le parfum d’une époque révolue, la chaleur des amitiés sincères et cette nostalgie douce qui n’appartient qu’aux souvenirs heureux.
Puis vint l’heure des au revoir. Une séparation empreinte d’émotion, mais portée par une promesse unanime qui flottait sur toutes les lèvres :
« Vivement la prochaine rencontre ».
Abdellah Hanbali
