Un rythme apathique, des passes ratées à la pelle, un jeu brouillon cantonné au milieu du terrain… Tous les ingrédients étaient réunis pour transformer ce derby doukkali en un rendez-vous soporifique, vite oublié par les amateurs de football.
Après 180 minutes disputées par les deux équipes cette saison, pas la moindre étincelle offensive à signaler. Silence radio devant les cages, comme si marquer relevait d’un exploit insurmontable.
Dans les tribunes, l’ennui rivalisait avec la frustration. Car au-delà du score vierge, c’est surtout le constat alarmant qui saute aux yeux : la RCAZ comme le DHJ semblent condamnés à jouer leur survie dans l’élite, bien loin des ambitions affichées par des clubs comme la RSB, le MAS, le RCA, les FAR ou encore le WAC, qui se disputent titres et places africaines.
Certes, certains diront qu’il est trop tôt pour juger. Mais la fracture est réelle et s’accentue : d’un côté, les clubs structurés qui misent sur la stabilité, la formation et une vision à long terme ; de l’autre, des équipes de seconde zone, contraintes de bricoler avec des effectifs moyens, souvent amputés de leurs meilleurs éléments vendus trop tôt pour renflouer les caisses.
Ce manque de politique sportive claire, doublé d’une absence criante d’académies solides et de programmes de formation continue, condamne ces clubs à végéter dans les bas-fonds du classement. Comment espérer fidéliser un public, susciter la fierté locale et accrocher des distinctions si chaque génération prometteuse est systématiquement sacrifiée sur l’autel des finances ?
Résultat : des matches sans saveur, sans intensité, sans perspectives. Pour les passionnés de beau jeu, mieux valait passer son chemin.
Ce derby n’aura été qu’un triste rappel que, tant que les clubs continueront à privilégier la survie immédiate à la construction d’un projet durable, le football doukkali restera condamné aux lendemains sans éclat.
Abdellah Hanbali

