Le Moussem de Moulay Abdellah, célébré depuis la nuit des temps constitue, certes, un Moussem où se rencontrent annuellement les tribus Doukkalies, un Moussem qui compte parmi les plus importantes manifestations du genre à l’échelon national.
Certes, les visiteurs assoiffés d’un dépaysement qui les fait tant rêver demeurent sur leur soif. Ces résonances des sabots des chevaux battant le sol, ces beaux costumes des cavaliers travaillés avec l’habileté de grands artisans, et le parfum envoûtant de la poudre à canon s’élevant dans l’air lors de l’incontournable tbaourida, sans parler des soirées animées par les grands artistes de la scène chaâbie marocaine charment ces visiteurs mais la logistique mise en œuvre n’est pas suffisante, malgré le budget important que la Commune alloue à cet évènement Grandiose.
Ces spectateurs qui s’attendent à un enchantement digne des mille et une nuits, désenchantent rapidement après quelques heures passées à la place «Mahrak», où ils découvrent, déconcertés, la réalité de ce grand Moussem où l’anarchie règne en maître-mot.
Malheureusement, et malgré le grand tapage et la grande réputation de cette «majestueuse» fête foraine, l’organisation fait totalement défaut. On constate que ce grand évènement qui nécessite un réel aménagement de toute la localité, afin que tout soit fin prêt le jour «J», est loin d’être à la hauteur des attentes des visiteurs. Ce Moussem accueille cette année plus de 27.000 tentes, 2.200 cavaliers, 130 sorbas et des dizaines de milliers de visiteurs et spectateurs qui participent à ce grand évènement régional.
Cette localité est connue depuis toujours par les tentes qui s’y dressent chaque année sur les rives de l’Atlantique, constituant un hommage solennel rendu par les générations, aux vestiges d’un passé pétri par la foi en l’Islam et l’amour ancestral des terres des aïeuls.
La commune de Moulay Abdellah a, manifestement, tenté de mettre le paquet pour améliorer l’image du Moussem, en mobilisant avec ses partenaires, tous les moyens humains et logistiques, pour que le Moussem se passe dans les meilleures conditions. Malheureusement, il est déconcertant de constater qu’en l’an 2023, malgré l’ampleur de cet évènement, rien n’a été planifié au niveau de l’infrastructure de base, et l’inexistence de toilettes publiques dans cette localité qui connait une affluence extrême lors de cette grande fête, ternit l’image touristique de cette province si prisée.
Inutile de souligner qu’en l’absence de toilettes publiques, c’est notre environnement qui est pollué. Notons que des milliers d’estivants plantent leur campement sur la rive du littoral pour quelques semaines bien avant le début du Moussem et n’ont pas d’autres alternative de se soulager qu’en plein air, en l’absence totale de toilettes publiques.
Il faut aussi noter que malgré les déclarations des responsables, relatives au renforcement du réseau d’eau potable, et à l’important budget alloué à cette grande manifestation, les participants et même les visiteurs se plaignent de l’insuffisance de l’eau potable. Ces défaillances de taille risquent de faire perdre à ce Moussem la finalité d’un certain «retour aux sources» qui le distingue.
La grande attraction de cette manifestation étant, sans conteste, son impressionnant spectacle de fantasia qui se tient au « Mahrak », connait cette année un engouement sans précédent, si bien que certains « futés » n’ont pas trouvé mieux que de louer à chaque visiteur désirant voir le spectacle, une échelle à cinq dirhams, pour escalader le mur de l’arène et pouvoir ainsi assister à la «tbaourida». Aucune intervention des autorités n’a été constatée pour interdire cette pratique qui n’est assurément pas sans risque.
En outre, un jeune cavalier a malheureusement succombé au coup fatal de son fusil parti accidentellement après sa chute.
Il faut aussi souligner que chaque année certains chevaux sont victimes de chutes leur causant des fractures par manque d’entretien du « mahrak », qui devrait répondre à certaines normes d’arrosage du sol, et de la qualité de la terre qui est parfois caillouteuse, et qui ne répond pas aux exigences des courses.
Force est de constater que malgré toute cette logistique que les autorités déclarent avoir mis en œuvre, le Moussem enregistre certains dépassements qui démontrent que les moyens sécuritaires demeurent insuffisants face à l’affluence de plus en plus importante des visiteurs. En effet, certaines agressions ont été enregistrées, faisant des victimes parmi les visiteurs.
Le simple citoyen serait en mesure de se demander pourquoi l’organisation ne serait pas à la hauteur des sommes déboursées. Comment peut-on déplorer l’insuffisance de l’eau potable quand on a dépensé une enveloppe conséquente pour le renforcement du réseau relatif à l’assainissement ?
Et une question primordiale restera toujours sans réponse, et surtout sans suivi ni espoir de réalisation. Où le citoyen peut-il se soulager quand un BESOIN naturel urgent le presse ?
Un appel pressant est lancé aux autorités compétentes pour la mise en place de toilettes publiques.
khadija Choukaili
