Elles offrent un panorama à couper le souffle. Suspendues au-dessus de l’Atlantique, les falaises de Jorf Lasfar attirent chaque jour des familles, des jeunes et des curieux venus chercher un moment d’évasion face à une mer infinie. Mais derrière cette carte postale idyllique se cache une réalité bien plus sombre : celle d’un site aussi spectaculaire que dangereux, où la moindre erreur peut coûter la vie.
Le dernier drame en date, marqué par la chute d’une voiture familiale dans les eaux en contrebas, n’est malheureusement pas un cas isolé. Il rappelle avec brutalité que ces hauteurs, en apparence accessibles et paisibles, sont en réalité piégeuses. Méconnaissance des lieux, manœuvres hasardeuses à proximité du vide, absence de repères visuels clairs… les facteurs de risque s’accumulent dans un environnement qui ne pardonne aucune imprudence.
À cela s’ajoute une défaillance flagrante en matière de prévention. Sur plusieurs portions de ces falaises, les dispositifs de sécurité sont inexistants : pas de barrières, peu ou pas de signalisation, et un accès libre à des zones pourtant à haut risque. Un laisser-aller qui interroge, alors même que la fréquentation du site ne cesse d’augmenter.
Faut-il attendre d’autres drames pour agir ? La question s’impose avec insistance. Car si la nature impose ses règles, la responsabilité humaine, elle, reste engagée. Installer des garde-fous, renforcer la signalisation, voire interdire l’accès aux zones les plus dangereuses : autant de mesures qui pourraient éviter que ces falaises, aussi belles soient-elles, ne continuent de se transformer en pièges mortels. Car à Jorf Lasfar, la mer fascine… mais elle ne prévient pas. Et au bord du vide, l’insouciance n’a pas sa place.
Abdellah Hanbali
