Chronique de Mustapha Jmahri : Le livre, cet absent de Sete Sóis Sete Luas à Azemmour

La ville d’Azemmour a récemment instauré un véritable pont littéraire entre l’Atlantique et la Méditerranée. En accueillant, les 17 et 18 avril, 23 maires français pour la 23e Rencontre du Réseau « Sete Sóis Sete Luas » et en décernant son Prix littéraire à Fouad Laroui, la cité se consacre comme un carrefour des échanges Nord-Sud.
Pourtant, au cœur de ces célébrations et de ces accueils protocolaires, un constat s’impose : le livre demeure trop souvent l’éternel absent. Si les discours et les réceptions marquent les esprits sur l’instant, l’objet culturel par excellence — celui qui porte la mémoire de notre territoire — manque cruellement à l’appel des échanges de cadeaux officiels.
Cette dynamique actuelle nous inspire une idée qui allie l’utile à l’agréable : les visites de personnalités étrangères ou de délégations dans notre province, à l’invitation de différentes associations, constituent une opportunité précieuse pour consolider les relations et ouvrir de nouveaux chantiers de coopération. C’est une réflexion qui a déjà été maintes fois évoquée, mais qui attend toujours une traduction concrète sur le terrain.
C’est pourquoi je suggère aux organisateurs qui reçoivent ces hôtes localement, notamment à El Jadida et Azemmour, de penser à leur offrir systématiquement des ouvrages traitant de la région, de son histoire et de sa culture. En privilégiant les écrits d’auteurs et chercheurs locaux tels que Abdelmajid Nejdi, Khatiba Moundib, Hassana Addi, Ahmed Chahid, Mustapha Jmahri, Mounia Khadiri et Habiba Zoughi. Cette initiative permet aux visiteurs de découvrir l’âme de la région à travers le regard de ses propres habitants. Ces œuvres, véritables piliers de notre mémoire, laisseront une trace durable dans les bibliothèques personnelles ou institutionnelles de nos invités.
La symbolique du réseau Sete Sóis Sete Luas — ces « Sept Soleils et Sept Lunes » — nous rappelle que la culture est un astre qui doit éclairer les deux rives de la Méditerranée. Cependant, pour que cet éclairage soit complet, il ne peut faire l’économie de l’écrit. Le livre, au même titre que la musique ou le street art portés par ce réseau, est une composante essentielle de notre patrimoine local. Il est la mémoire éloquente de l’histoire d’Azemmour et d’El Jadida. En intégrant les ouvrages de nos auteurs locaux dans ces échanges internationaux, nous ne donnons pas seulement un cadeau, nous offrons une part de notre identité gravée dans le papier.
Ce geste ne se limite pas à une simple courtoisie ; il valorise le travail des écrivains locaux — dont beaucoup sont des bénévoles passionnés — et constituera un soutien concret à la poursuite de leurs travaux.
Jmahrim()yahoo.fr

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