Chronique de Mustapha Jmahri : Quand Rodriguez entretenait les hors-bords de la résidence royale à Oualidia


D’origine espagnole, José Rodriguez a passé son enfance à El Jadida. Il a effectué sa scolarité à l’école du Marché, puis au collège de Mazagan. Après avoir vécu à Sidi Moussa, dans l’Oulja, ainsi qu’à Oualidia, sa famille a quitté le Maroc en 1962. Une fois installé en France, José a notamment travaillé pour la société Seyntex, en Belgique. À notre demande, il a accepté de témoigner sur la vie de sa famille entre El Jadida et Oualidia.


D’origine espagnole, José Rodriguez est né en 1948 à Larache. Cet ancien habitant de Mazagan et de Oualidia confie : « Je n’ai que de bons souvenirs du Maroc, qui reste ma terre natale. Je me sens très africain malgré mes racines européennes. »
Son père, Manuel Rodriguez Urbano, est né en 1922 à El Jadida. On l’appelait couramment Manolo, diminutif de Manuel, mais aussi Chico. Sa mère, Remedios Rodriguez Fernandez del Rio, est née en 1927 à La Línea de la Concepción, près de Cadix. Elle aimait profondément El Jadida, où résidait alors une importante communauté espagnole. Bien que d’autres Rodriguez vivaient en ville — dont le célèbre docteur Rodriguez —, ils n’appartenaient pas à la même lignée, son père étant fils unique.
Son père a exercé divers métiers dans la province. Dès l’âge de 18 ans, il officiait comme mécanicien à la CTM. Fort de cette solide expérience et d’une excellente réputation, il ouvrit son propre atelier à Sidi Moussa, sur la route de l’Oulja, puis un second garage au kilomètre 32, sur la route de Oualidia. Son expertise était telle qu’on faisait appel à lui pour l’entretien des moteurs hors-bord de la Résidence Royale de Oualidia lors des séjours de SM Mohammed V. C’est ainsi qu’un jour, en accompagnant son père, José eut le privilège de voir Moulay Hassan, alors Prince Héritier, et son frère Moulay Abdellah.
Quant à sa mère, Remedios, elle cultivait des légumes qu’elle exportait vers la France sous la marque « Pepito ». La famille vivait sur place, côtoyant les familles Pillet, Papapetros et Maucourant. Le week-end, son père chassait avec ses amis de Mazagan. Cependant, la proximité de l’océan en avait surtout fait un expert de la pêche à la canne, et plus particulièrement de la technique à la pelote. L’été, plusieurs familles se réunissaient sous des tentes au bord des plages de Sidi Moussa ou de Oualidia pour des parties de pêche et des jeux mémorables.
Plus tard, Manuel trouva un emploi stable à la municipalité d’El Jadida, succédant à son compatriote Jean Gonzalez au garage municipal de la rue du Caire.
La famille a quitté le Maroc pour la France en 1962. José avait alors 14 ans. Ses deux frères, Charles et Antoine, nés à Casablanca en 1953 et 1957, partagent aujourd’hui encore ce même attachement viscéral pour le Maroc et pour la ville d’El Jadida.
En 1998, soit près de quarante ans plus tard, José est retourné sur l’ancienne exploitation du kilomètre 32. Il y a rencontré les nouveaux propriétaires, d’anciens employés de la famille qui avaient racheté la maison et les quatre hectares de terrain. Ces « gens de cœur » l’ont accueilli avec chaleur et lui ont fait visiter la propriété. Une dame âgée se souvenait parfaitement de sa mère, pour qui elle avait travaillé autrefois. Dans l’atelier, les outils étaient encore accrochés à leur tableau, comme si le temps s’était arrêté et que son père occupait toujours les lieux. Pour marquer ce moment, le propriétaire a décroché un compas pour l’offrir à son père.
Jmahrim()yahoo.f

Related posts

Leave a Comment