À chaque époque, ses cibles… et ses combines. Hier, c’étaient les radiocassettes, subtilisées à la faveur d’un moment d’inattention. Puis vint le temps des téléphones portables, devenus en quelques années les proies privilégiées d’une délinquance en constante adaptation. Aujourd’hui, un nouvel objet s’invite dans le viseur : la trottinette électrique.
À Azemmour, ce fait divers au parfum d’insolite en dit long sur l’évolution des pratiques. Un individu, allant jusqu’à endosser un uniforme de circonstance pour mieux tromper ses victimes, ciblait les utilisateurs de ces nouveaux moyens de mobilité urbaine. Sous couvert de contrôles factices, il dépouillait ses cibles avec une audace qui n’a d’égale que l’ingéniosité déployée.
Derrière cette affaire singulière se dessine une réalité bien plus familière : celle d’une criminalité opportuniste, toujours prête à épouser les contours de son époque. Car au fond, peu importe l’objet convoité, qu’il soit analogique, numérique ou électrique, et quelle que soit la méthode employée pour en déposséder son propriétaire, le constat reste immuable. Celui d’un sentiment d’insécurité qui persiste, d’une confiance parfois abusée, et d’une vigilance sans cesse mise à l’épreuve. Les objets changent, les modes opératoires évoluent, mais l’essence du phénomène, elle, demeure inchangée.
Abdellah Hanbali
