Le film « Mauvais Temps » du réalisateur Madane El Ghazouani sera projeté le 1er avril à 19h au Théâtre de la Cité portugaise. Cette projection-rencontre, organisée en présence du cinéaste et de membres de l’équipe artistique, promet un moment d’échange privilégié autour d’une œuvre à la fois intime et profondément engagée.
Inspiré d’une expérience personnelle, le film suit le parcours d’Ayoub, un enfant dont le quotidien bascule après un conflit d’héritage fragmentant l’espace familial.
Privée de conditions de vie élémentaires, sa famille évolue dans une précarité silencieuse, où chaque geste devient une épreuve et où la dignité se négocie au jour le jour.
À travers ce récit sensible, « Mauvais Temps » explore avec justesse les fractures sociales et les non-dits de l’enfance.
Déjà salué lors du Festival national du film de Tanger, le film confirme sa place dans un cinéma marocain lucide, ancré dans le réel. La présence d’acteurs tels que Abdenbi Benniwi et Hajar Graigaa vient renforcer la charge émotionnelle de cette œuvre poignante.
Mais au-delà de cette projection, c’est toute une dynamique culturelle qui semble vouloir renaître à El Jadida. Portée par Mme Aliènor Vallet, la nouvelle directrice de l’Institut français d’El Jadida, cette initiative s’inscrit dans une ambition plus large : redonner à la ville son éclat culturel d’antan.
Car El Jadida n’a pas toujours été cette cité en quête de repères culturels. Elle fut, jadis, un carrefour vivant d’expressions artistiques, une scène ouverte où le théâtre, le cinéma et les rencontres intellectuelles rythmaient le quotidien. Les soirées y avaient un goût particulier, celui des débats passionnés, des salles pleines, des lumières qui ne s’éteignaient jamais tout à fait.
Aujourd’hui, comme voilée par une certaine torpeur, la ville semble chercher à renouer avec cette mémoire vibrante. Et voilà que, timidement mais sûrement, des initiatives comme celle-ci viennent fissurer le silence. « Mauvais Temps » n’est alors plus seulement un film projeté sur un écran : il devient un symbole, presque un prétexte, pour réactiver une mémoire collective et raviver une flamme que beaucoup croyaient vacillante.
Peut-être est-ce là le début d’un retour aux sources. Celui d’une ville qui, malgré les années et les oublis, n’a jamais complètement renoncé à ce qui faisait sa singularité : être, avant tout, une terre de culture et de partage.
Abdellah Hanbali
