Par un article publié sur le site Quid.ma le 17 janvier 2025 intitulé « Au pied du rempart portugais d’El Jadida, un réduit à raser » j’ai signalé la présence d’un réduit sans aucun caractère historique qui se trouve accolé à la muraille du côté du chantier naval. Aujourd’hui, en janvier 2026, ce réduit est encore intact.
De quoi s’agit-il ?
En entrant à la Cité portugaise et avant de s’engager dans la rue principale, on prend tout de suite à droite par la rampe pour monter au bastion de Saint-Esprit. Puis, si on monte quelques marches jusqu’au haut de la muraille épaisse, on remarque, en se penchant vers le bas, l’existence d’un long réduit fermé par un petit mur en béton qui sépare une partie de la muraille portugaise et l’atelier du chantier naval.
Ce réduit étroit (voir photo), qui a la forme d’un couloir, n’appartient pas à la cité portugaise mais à l’enceinte du port. L’accès direct se fait vraisemblablement par l’atelier du chantier naval. L’endroit se trouve mitoyen des anciens bureaux de la douane des débuts du XXe siècle. Il ne joue aucun rôle et est totalement envahi par de longues plantes épineuses poussant sur la terre accumulée. À cet endroit des détritus s’accrochent aux plantes.
Si ce réduit ne joue aucun rôle, ce qui semble être le cas a priori, ne faut-il pas le raser tout simplement pour laisser la muraille visible de ce coin caché et surtout pouvoir l’entretenir facilement sans aucun obstacle ? Cet aménagement permettrait, aussi, au chantier naval d’étendre sa surface, sans toutefois obstruer la muraille portugaise. Au contraire, elle n’en serait que plus valorisée.
On peut également voir sur la photo que cette partie de la muraille nécessite un entretien immédiat à cause de son effritement visible à certains endroits où les pierres sont bien dégarnies.
Jilali Derif, secrétaire général de l’association Doukkala Mémoire pour la Préservation du Patrimoine, précise que ce réduit fait partie de l’ancien atelier de menuiserie dépendant des Travaux publics. Adolescent, il l’a bien connu parce que son père y travaillait dans les années 1960. Le local avait une petite issue aujourd’hui condamnée. À l’époque, une dizaine d’ouvriers travaillaient dans cet atelier, ils y accédaient en passant par l’entrée du port.
La suppression de ce réduit et le dégagement complet des lieux est, par ailleurs, totalement faisable et peut être mené par certaines instances publiques et autres collectivités territoriales telles la Commune urbaine d’El Jadida ou l’Agence nationale des ports.
jmahrim@yahoo.fr
Chronique de Mustapha Jmahri : Un réduit broussailleux à raser au pied du rempart portugais
