L’image est devenue malheureusement familière : des milliers de poissons retrouvés morts à l’embouchure de l’Oued Oum Errbiâ, à Azemmour, offrant un spectacle désolant qui interpelle autant qu’il inquiète.
Un phénomène qui n’est plus un simple accident isolé, mais un signal d’alarme écologique qui revient régulièrement, sans qu’une réponse durable ne soit apportée.
Les causes évoquées sont multiples : manque d’oxygène dans l’eau, stagnation, envasement, rejets polluants, mais aussi baisse importante du débit du fleuve, aggravée par les effets de la gestion des ressources hydriques. La fermeture ou le mauvais fonctionnement de l’embouchure, en limitant les échanges naturels entre le fleuve et l’océan Atlantique au niveau de la plage de Haouzia, contribue également à fragiliser cet écosystème déjà vulnérable.
Si des crues récentes ont permis une ouverture partielle vers la mer et un certain renouvellement des eaux, elles ne constituent qu’une solution temporaire. Le problème de fond demeure : celui d’un fleuve en souffrance, victime d’un déséquilibre écologique qui menace sa biodiversité et inquiète les populations riveraines.
Face à cette situation, le silence des responsables devient difficilement compréhensible. À chaque nouvel échouage massif, les mêmes images reviennent, les mêmes inquiétudes ressurgissent, mais les véritables causes restent souvent sans réponse claire. Peu d’explications sont fournies aux citoyens, peu de responsabilités sont réellement établies, et les défaillances qui favorisent la répétition de cette catastrophe écologique restent dans l’ombre.
Au lieu de traiter ce problème à la racine, on semble se contenter d’attendre que la nature efface les traces du désastre. Pourtant, chaque poisson mort est un avertissement. L’Oued Oum Errbiâ n’a pas seulement besoin d’interventions ponctuelles, mais d’une véritable stratégie de protection, de contrôle des rejets et de préservation de son équilibre naturel.
Ignorer plus longtemps ce phénomène, c’est prendre le risque de transformer un drame écologique récurrent en une crise irréversible.
Abdellah Hanbali
Azemmour – Oued Oum Errbiâ: le cri silencieux des poissons morts et l’indifférence des responsables
