Ingénieur issu de la prestigieuse École nationale des ponts et chaussées de Paris, Mohamed Yazid Zellou a forgé son expérience dans l’hydraulique et le conseil international, avant d’occuper des postes de haute direction dans le secteur privé, notamment au sein de la Lydec à Casablanca. Ce riche parcours technique et managérial lui a ouvert les portes de l’administration territoriale, où il a su mettre sa rigueur d’ingénieur au service d’une méthode de gouvernance axée sur le développement de projets structurants.
Nommé par Sa Majesté le Roi à la tête de plusieurs provinces et régions stratégiques, il a notamment marqué la province d’El Jadida en tant que gouverneur (2005-2010), avant de servir comme wali dans les régions de la Chaouia-Ouardigha à Settat et du Souss-Massa-Draâ à Agadir. Homme de terrain reconnu pour son intégrité, il a supervisé des chantiers majeurs liés à l’urbanisme et à l’attractivité économique des territoires. Son parcours incarne cette génération de commis de l’État capables de lier les impératifs techniques de l’ingénierie aux enjeux sociaux et politiques de la régionalisation avancée
Au-delà de cette efficacité managerielle, Mohamed El Yazid Zellou a laissé à El Jadida l’image d’un homme attentif à la fragilité de la culture régionale. Je garde le souvenir d’un geste d’appui significatif lorsqu’en 2007, à sa demande, son cabinet me sollicita via l’Association des affaires culturelles de la province pour l’acquisition de 400 ouvrages de titres différents. Dans un contexte où la série des Cahiers d’El Jadida est entièrement financée par mes propres moyens, cet encouragement institutionnel fut une bouffée d’oxygène.
Cette initiative eut des prolongements inattendus : Si Mohamed Zellou offrait régulièrement mes livres à ses hôtes. C’est ainsi que, grâce à ce geste, j’ai fait la connaissance d’une ancienne enfant de Mazagan, Anne Azam-Pradeilles. Cette experte internationale en réforme de l’administration publique, alors en visite de travail auprès du gouverneur, s’était vu offrir mon ouvrage – comme elle me le confia elle-même plus tard-, jetant ainsi les bases d’une précieuse passerelle culturelle.
C’est dans ce même esprit que, lors de l’une de mes visites régulières au journaliste Michel Amengual à Sidi Bouzid – qui préparait alors son beau-livre « El Jadida, capitale des Doukkala » – ce dernier, tout en me consultant pour certaines sources et références, me révéla que Si Zellou lui avait personnellement suggéré de m’associer à son projet, qui n’en était alors qu’à ses débuts. Quelques mois plus tard, je fus ainsi sollicité pour en assurer la relecture.
Un autre souvenir particulièrement précieux restera à jamais lié à ce gouverneur : c’est de ses mains que j’ai reçu, le 30 juillet 2008, le Wissam Al-Istihqaq Al-Watani de classe exceptionnelle. Cette prestigieuse distinction, octroyée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, m’a été remise lors de la célébration solennelle de la Fête du Trône dans la grande salle de la province d’El Jadida. Ce jour-là, c’est avec une profonde émotion que j’ai vu Mohamed El Yazid Zellou m’épingler cette haute distinction, gravant ce moment solennel parmi les plus marquants de ma vie.
Jmahrim()yahoo.fr
Légende photo : Le gouverneur Mohamed El Yazid Zellou épinglant le Wissam Royal à Mustapha Jmahri
Chronique de Mustapha Jmahri : Mohamed El Yazid Zellou, l’appui d’un gouverneur à mes écrits
