La scène, malheureusement, n’a rien d’exceptionnel. Cette fois-ci, c’est la commune d’Ouled Frej, qui a été le théâtre d’un nouvel épisode d’intoxication alimentaire impliquant neuf élèves de l’annexe scolaire « Al Ghorba », ravivant une problématique récurrente qui ne semble émerger que dans l’urgence.
Les faits se sont déroulés en quelques minutes. De violentes douleurs abdominales, des signes cliniques inquiétants, puis l’intervention précipitée des parents. Très vite, l’alerte est donnée. Les autorités locales et les services de santé sont mobilisés, tandis que les victimes sont évacuées vers les urgences de l’hôpital provincial Mohammed V d’El-Jadida, où elles ont été prises en charge et soumises aux examens nécessaires.
Selon les premiers éléments de l’enquête, l’origine de cette intoxication serait liée à la consommation de glaces artisanales vendues à proximité de l’établissement. Des produits dont la qualité et les conditions de conservation sont aujourd’hui pointées du doigt, laissant planer le doute sur le respect, ou non, des normes sanitaires les plus élémentaires.
Mais au-delà de cet incident, c’est un scénario bien connu qui se répète. À chaque intoxication, l’émoi est le même, les inquiétudes remontent à la surface, et les appels à renforcer les contrôles se multiplient. Puis, avec le temps, la vigilance retombe, jusqu’au prochain cas.
Car la question dépasse largement les abords des établissements scolaires. Elle interroge, plus profondément, l’efficacité et la régularité des mécanismes de contrôle dans l’ensemble du circuit alimentaire, notamment dans les zones rurales où la vente informelle échappe souvent à toute surveillance effective.
Face à l’inquiétude légitime des parents et des habitants, les voix s’élèvent pour exiger l’ouverture d’une enquête afin de situer les responsabilités. Mais surtout, elles appellent à rompre avec cette logique de réaction ponctuelle, pour instaurer un contrôle permanent, rigoureux et généralisé de la chaîne alimentaire.
Dans l’attente de plus de précisions sur l’état de santé des élèves et les circonstances exactes de l’incident, une certitude s’impose : ce type de fait divers n’est plus une surprise. Et c’est bien là le problème.
Abdellah Hanbali
