La situation à El Jadida est alarmante. Le commerce informel y prospère au point de défier l’autorité publique. Qui sont les responsables ? Des élus ? Des agents d’autorité ? Ou ces commerçants illégaux eux-mêmes qui finissent par imposer leur propre loi ? Ce laisser-faire nuit gravement au commerce structuré, à l’image de la ville et à la crédibilité de l’État.
Le centre-ville ressemble désormais à un souk rural. Trottoirs envahis, routes squattées, snacks de fortune installés dans des locaux inadaptés, absence totale d’hygiène… Certains quartiers périphériquessont transformés en zones industrielles au mépris de toute réglementation.
La saleté partout, les trottoirs brisés et l’odeur persistante des déchets ternissent l’image d’une ville autrefois appelée « la Deauville marocaine ». Même les transports publics sont gangrenés par le désordre, avec des taxis ( tacots) sans compteurs et des tarifs aléatoires.
Face à cette dérive généralisée, l’absence de réaction de la municipalité et des services concernés est inquiétante. Le gouverneur de la province, garant de l’intérêt général, ne peut rester spectateur. Ne rien faire, c’est légitimer ce déclin.La corruption qui est derrière ce laisser- aller et les souffrances des jdidis qui rêvent de retrouver leur ville d’antan .
Pour terminer, disons qu’ une ville est aussi le reflet de ses habitants. Or, une grande partie des Jdidis semble figée dans des pratiques rurales, loin de l’esprit de modernité nécessaire à toute cité touristique. Comme le disait Ibn Khaldoun : « Les Arabes, pour bâtir leurs tentes, détruisent des maisons. » Une phrase qui résonne aujourd’hui comme une triste vérité.
Photo: centre ville d’El-Jadida
Abdellah Hanbali
