Ilyas Al Malki ou quand la culture se retrouve piégée par le buzz : une dérive ministérielle qui fait polémique


C’est une annonce qui fait l’effet d’un séisme dans les milieux culturels marocains : le ministère de la Culture a officiellement attribué le prix du « Meilleur influenceur au Maroc » à Ilyass Al Malki, personnage controversé, plus connu pour ses dérapages verbaux que pour sa contribution au rayonnement intellectuel ou artistique du pays.
Ancien détenu, habitué des clashs, insultes et contenus jugés vulgaires, Al Malki incarne aux yeux de beaucoup une culture du buzz dégradante. Son sacre, sous l’égide d’une institution censée promouvoir les valeurs nobles de la culture, suscite incompréhension et indignation.
C’est un prix qui questionne les valeurs, car le choix du ministère soulève une question de fond :

  • Le Maroc est-il à court de figures réellement inspirantes ?
  • Où sont passés les écrivains, artistes, penseurs, enseignants, chercheurs, et autres voix lucides qui enrichissent le paysage culturel national ?
    Pour nombre d’observateurs, cette récompense consacre une époque où l’influence se mesure moins à la qualité des idées qu’au volume des polémiques et au nombre de vues sur les réseaux sociaux.
    La culture est en dérive au Maroc Nous sommes face à ce que certains qualifient de « couronnement de la vacuité » et qui traduit, plus profondément, une crise d’orientation d’un ministère qui devrait être le gardien de l’élévation intellectuelle et artistique. Au lieu de porter les porteurs de sens, il semble désormais célébrer les faiseurs de bruit.
    Dans la plupart des pays, le ministère de la Culture est un levier d’émancipation, de réflexion, de transmission. Au Maroc, il semble peu à peu se transformer en vitrine de la futilité quotidienne, alimentant une image réductrice et appauvrie de la culture marocaine.
    Des millions dépensés, pour quel impact ? En puisant largement dans le budget public, le ministère est attendu sur des politiques ambitieuses, inclusives et durables. Or, cette décision donne l’impression que l’argent investi ne sert ni à construire ni à transmettre, mais à légitimer des figures qui détruisent plus qu’elles n’élèvent. Car dans un contexte de crise des repères et de montée de la médiocrité, ce prix accordé à Al Malki apparaît pour beaucoup comme une gifle symbolique aux véritables acteurs de la culture. Et une question demeure, brûlante : à quand une politique culturelle à la hauteur des ambitions et du génie du peuple marocain ?

Abdellah Hanbali

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