Après avoir suivi l’émission d’histoire « Kan Ya Makane », diffusée sur la chaîne 2M le samedi 23 mai 2026, consacrée aux libéraux français enterrés au cimetière européen d’El Jadida, Si Abdelkrim Bencherki, président de l’Association Doukkala, a tenu à enrichir le témoignage et le souvenir autour de la figure d’André Adigard des Gautries (1905-1977).
Le souvenir de ce grand ami des Marocains reste en effet profondément ancré dans la mémoire collective d’El Jadida. Homme de culture et assureur de profession, André Adigard des Gautries savait aussi payer de sa personne, au sens propre comme au figuré. Une anecdote inédite, partagée par Si Abdelkrim Bencherki, illustre à merveille la générosité et le courage de cette figure emblématique de l’époque du Protectorat et des débuts de l’Indépendance.
Derrière le notable de Mazagan, fondateur du Groupement culturel et d’une troupe de théâtre amateur ouverte à la jeunesse locale (marocaine et européenne), se cachait un homme de cœur prêt à tous les sacrifices pour les actions sociales de la ville. Chaque année, Adigard des Gautries orchestrait une grande kermesse populaire et caritative, un événement très attendu et ouvert à tous les citoyens sans distinction.
C’est au cours de l’une de ces célèbres kermesses qu’est survenu un épisode mémorable, précieusement transmis par le père de Si Abdelkrim Bencherki à son fils.
Ce jour-là, le clou du spectacle reposait sur l’organisation d’un grand combat de boxe professionnel au profit d’œuvres sociales. Malheureusement, à la dernière minute, l’un des deux boxeurs prévus à l’affiche fit défection, menaçant d’annuler l’événement et de priver l’association de ses recettes.
N’écoutant que son courage et sa passion, André Adigard des Gautries prit alors un immense risque : il décida d’enfiler les gants et de monter lui-même sur le ring pour affronter le boxeur professionnel restant.
En quelques secondes, le boxeur professionnel envoya notre courageux assureur au tapis. Le KO fut si foudroyant qu’il fallut l’intervention combinée de plusieurs personnes et d’un médecin pour le réanimer et le sortir du ring.
Cette mésaventure devint une légende locale symbolisant son dévouement. Comme le souligne si justement Si Abdelkrim Bencherki, cet humaniste libéral n’avait pas hésité à littéralement encaisser les coups les plus durs pour faire triompher la solidarité.
Anecdote inédite de Si Abdelkrim Bencherki sur Adigard des Gautries
